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Une affaire de dupes ?
Pierre Abramovici   Le Putsch des généraux - De Gaulle contre l'armée. 1958-1961
Fayard 2011 /  22 € - 144.1 ffr. / 370 pages
ISBN : 978-2-213-63627-6
FORMAT : 15,3cm x 23,5cm
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La démocratie s’arrête où commence l’intérêt de l’Etat». En exergue de son dernier ouvrage, Le Putsch des généraux – De Gaulle contre l’armée, Pierre Abramovici a placé cette citation du sulfureux Charles Pasqua. Le journaliste et doctorant en histoire contemporaine se penche, dans ce livre, sur les conditions d’émergence de la Ve République. D’après lui, le passage de la IVe à la Ve République en 1958 est «le produit de la menace (réelle ou supposée) d’un coup d’Etat et finalement établie par un régicide manqué», lors de l’attentat du Petit-Clamart en 1962.

La thèse est connue. Elle ne date pas d’hier, loin s’en faut : dans ses cours de droit constitutionnel, l’universitaire Pierre Pactet évoquait jadis un quasi-coup d’Etat. D’ailleurs, dans la dernière édition de son manuel, le Professeur écrit qu’«entre le 13 mai 1958, date du coup de force et de l’appel du Comité de salut public d’Alger, et le 28 mai, date de la démission du gouvernement Pflimlin, la Quatrième République se décompose littéralement. Sans aucun soutien populaire, en proie comme toujours à l’incapacité d’agir, les parlementaires en viennent à considérer le retour au pouvoir du général de Gaulle comme un moindre mal et l’Assemblée nationale lui accorde l’investiture le 1er juin 1958 par 329 voix contre 224».

Selon P. Abramovici, au coup d’Etat initial du 13 mai 1958 aurait succédé un autre, celui des généraux en avril 1961. «Jusqu’en 1961, précise l’auteur, l’armée est loin d’observer la neutralité que l’on peut attendre d’un corps serviteur de l’Etat. Depuis longtemps, continue-t-il, elle est traversée par des courants comploteurs qui ont agi en diverses périodes plus ou moins mouvementées de l’histoire récente». Au moment de la guerre d’Algérie, «les chefs qui dirigent l’armée française sont en guerre permanente depuis 1939». Certains ont même participé à la Grande Guerre. Restée souvent pétainiste, l’armée est encore traumatisée par la défaite à Diên Biên Phu en Indochine. Elle conserve, par ailleurs, un tropisme clairement colonialiste. C’est pourquoi elle entendait conserver l’Algérie, dont le territoire constituait des départements français.

Le journaliste retrace, «outre ses prémices, ce que fut l’essentiel du putsch, ce qui s’est passé à Paris, dans les ministères, à Matignon, à l’Elysée, dans l’opinion publique. Car il y a eu deux putschs d’avril 1961. Le vrai, mal préparé, connu, attendu, provoqué peut-être et dirigé par des officiers aigris, revanchards et pathétiques. Celui-là a duré une journée de moins que ce que l’histoire a retenu et a sombré comme il se devait. Et puis il y a eu l’autre, en métropole. Celui qui n’a jamais eu lieu. Qui a été inventé. Un non-évènement exploité par d’habiles manipulateurs». D’après P. Abromavici, «le putsch des généraux de 1961 fut une affaire de dupes dont les victimes furent certes les militaires, mais également le peuple français, trompé quant à la nature même de l’évènement, dont l’élection du président de la République au suffrage universel n’a été que l’aboutissement».

De Gaulle aurait manipulé les généraux pour pousser les plus enragés d’entre eux à tenter, en avril 1961, un coup de force contre le pouvoir. Le but ultime de cette manœuvre étant de lui permettre d’avoir recours aux pouvoirs d’exception prévus par l’article 16 de la Constitution de 1958. Cette thèse est à tout le moins controversée. Si ce point de vue a également été soutenu par Jean Lacouture, le biographe du général, qui s’est d’ailleurs lourdement trompé s’agissant de l’Indochine, il a notamment été contesté par l’historien des relations internationales Maurice Vaisse.

Qu’il y ait eu des réticences de la part de l’armée vis-à-vis de de Gaulle n’est pas nié ni même contesté. Il est vrai que l’auteur de l’appel du 18 juin souhaitait une armée de techniciens et de professionnels, qui, bien sûr, lui serait tout à fait soumise. Afin de l’instrumentaliser, le gouvernement de l’époque aurait vendu aux appelés du contingent nombre de transistors à bas prix. Le pouvoir se serait par ailleurs assuré le contrôle de la radio RMC. L’un des mérites de l’ouvrage est de mettre en lumière ces manœuvres du pouvoir. P. Abramovici restitue en outre fidèlement l’ambiance de l’époque.

Conscient de ce que l’auteur considère comme le «péché originel» de la Ve République mais également de sa stature, de Gaulle aurait confié à un proche que lorsqu’il disparaitra «il n’y aura rien, ni personne» pour le remplacer. «En fait, aurait-il affirmé à son aide de camp, j’ai rétabli la monarchie en ma faveur ; mais, après moi, il n’y aura personne qui s’imposera au pays. (…) Aussi convient-il d’instaurer un régime présidentiel, afin d’éviter de retomber dans les luttes d’autrefois. Il faut que le président de la République soit élu au suffrage universel : ainsi élu, il aura, quelles que soient ses qualités, quand même un semblant d’autorité et de pouvoir durant son mandat. Il sera responsable, ce que je suis actuellement».


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 12/04/2011 )
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