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68 : une histoire polyphonique
Philippe Artières   1968. Années politiques
Thierry Magnier - Troisième culture 2008 /  8.90 € - 58.3 ffr.
ISBN : 978-2-84420-624-4
FORMAT : 10,0cm x 18,0cm

Guy Dreux, directeur de la collection "Troisième Culture", collabore à Parutions.com.

L’auteur du compte rendu : agrégée d’histoire et docteur en histoire médiévale (thèse sur La tradition manuscrite de la lettre du Prêtre Jean, XIIe-XVIe siècle), Marie-Paule Caire-Jabinet est professeur de Première Supérieure au lycée Lakanal de Sceaux. Elle a notamment publié L’Histoire en France du Moyen Age à nos jours. Introduction à l’historiographie (Flammarion, 2002).

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Les éditions Thierry Magnier lancent une nouvelle collection, «Troisième culture», dirigée par Guy Dreux et destinée au grand public ; si les livres sont de petit format (123 pages), l’ambition est forte : «A la lumière d’un événement, découvrir une science humaine».

Avec 68, Années politiques, c’est un historien, Philippe Artières, qui interroge, dans la perspective historique, 68, sans l’enfermer dans le cadre chronologique des événements du printemps qui restent dans les mémoires (mars/juin). Philippe Artières, qui a par ailleurs dirigé avec Michelle Zancarini-Fournel un gros livre sur 68 (68. Une histoire collective, La Découverte, février 2008), est chercheur au CNRS-EHESS et président du centre Michel-Foucault.

Quarante ans ont passé depuis «les événements» et les ouvrages commémoratifs abondent à nouveau sur les tables des libraires. Mais ici, ce mince opuscule tranche par l’originalité du propos, essai stimulant qui donne à réfléchir à une histoire éclatée. Le préfet de Paris en mai 68, Maurice Grimaud, vient de faire paraître ses mémoires d’une vie entière en les intitulant avec humour Je ne suis pas né en 68. Philippe Artières, lui, est né en 68, sans souvenirs donc sur la période, mais avec une date de naissance qui suscite toujours une remarque narquoise chez ses interlocuteurs, et dès l’ouverture il dit joliment : «Aussi ai-je toujours imaginé 68 comme un pays, un pays avec ses divers paysages, ses cours d’eau, son climat, ses habitants, sa langue, ses traditions ; mais c’est un pays perdu.» (p.10) C’est à la quête de ce pays perdu qu’il part en explorateur.

S’interrogeant sur le sens de 68, Philippe Artières répond par des coups de projecteur sur différents moments, en évitant mai : l’affaire Gabrielle Russier, histoire d’amour entre une femme professeur et l’un de ses élèves, qui avait défrayé la chronique en 1969 ; Pierre Overney, militant, tué par un vigile en février 1972 ; les manifestations des paysans du Larzac s’opposant à l’extension du camp militaire (1973-1974) ; le soutien aux Vietnamiens en guerre avec les États-Unis (1970-1971). Un lexique complète l’ensemble.

Le plus intéressant du propos de Philippe Artières réside dans l’épilogue, où il questionne le travail de l’historien : «Écrire un récit historique, ce n’est pas adopter la posture du témoin et répéter ce que celui-là a vu ici, ce que cet autre a entendu là, mais c’est produire un espace historique qu’aucun témoin n’a pu parcourir, un espace fait de mille scènes et d’autant de lieux» (p.102). Sur ces scènes et ces lieux évoluent les anonymes de l’histoire. Qu’est ce qu’un événement ? Question éternelle pour l’historien ! A propos de 68, Philippe Artières, en montrant la durée d’un moment particulier - «68 court toujours…» (p.110) -, replace l’événement dans sa complexité, signe qui prend son sens dans la réception. Toujours vivace, bien que sa fin soit régulièrement annoncée…

Laissons la conclusion à l’auteur : «Il en est de mai comme des autres événements de notre histoire, on n’en «finit» pas avec le passé. Il habite nos paysages, il nourrit nos pratiques, il jalonne nos vies. L’histoire de 68 est donc en train de s’écrire.»

68, Années politiques
est un bon début pour cette nouvelle collection, dont on attend avec curiosité et intérêt les autres titres.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 12/03/2008 )
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