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Le Caucase et le Kremlin
Pierre Razoux   Histoire de la Géorgie - La clé du Caucase
Perrin - Pour l'Histoire 2009 /  21.50 € - 140.83 ffr. / 400 pages
ISBN : 978-2-262-02645-5
FORMAT : 14cm x 21cm

Les auteurs du compte rendu :

Archiviste-paléographe, docteur de l'université de Paris I-Sorbonne, conservateur en chef du patrimoine, Thierry Sarmant est adjoint au directeur du département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France. Il a publié Les Demeures du Soleil, Louis XIV, Louvois et la surintendance des Bâtiments du roi (2003), Vauban : l'intelligence du territoire (2006, en collaboration), Les Ministres de la Guerre, 1570-1792 : histoire et dictionnaire biographique (2007, dir.).

Jean-Pierre Sarmant est inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale.

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Quand, en 1801, la Géorgie, quelques années après avoir recherché la protection de la Russie, est réduite au rang de province de l’Empire des Tsars, elle a derrière elle une histoire riche et mouvementée. Sous les noms de Colchide et d’Ibérie, les parties occidentale et orientale de l’actuelle Géorgie se constituent en royaumes dès le premier millénaire avant Jésus-Christ. En 327, la Géorgie est le second État à adopter le christianisme comme religion officielle, après l’Arménie mais avant l’Empire romain.

Parcourue par les invasions, la Géorgie connaît une longue suite de dominations étrangères plus ou moins directes : Perses achéménides, Romains, Perses sassanides, Byzantins, Arabes, Turcs seldjoukides. Après un haut Moyen Age économiquement et culturellement brillant, le pays est dévasté par les mongols gengiskhanides puis par les hordes de Tamerlan et entre dans une décadence durable. Pour près de trois siècles, il n’est plus que le champ d’affrontement de deux empires musulmans : celui des Turcs ottomans et celui des Perses séfévides.

Cette histoire est rarement paisible et heureuse. Au cours des vingt-huit siècles qui nous séparent des ses débuts étatiques, le pays n’a été à la fois indépendant et unifié qu’à peine plus de trois siècles. Les oppositions régionales ont toujours été vives et les forces centrifuges particulièrement fortes. En Abkhazie, par exemple, elles se manifestent dès le troisième siècle avant notre ère. En 780 après Jésus-Christ, la situation ressemble étrangement à celle qui prévaut actuellement : l’Abkhazie est un royaume qui défend son indépendance en s’appuyant sur le grand voisin du nord, à l’époque l’empire khazar.

La partie de l’histoire géorgienne antérieure à l’entrée dans l’orbite russe n’occupe que le quart du livre de Pierre Razoux alors que plus de la moitié est consacrée aux évènements postérieurs à l’indépendance retrouvée en 1991. Cette extrême concision sur le passé lointain ne va pas sans quelques approximations ou formulations contestables, en particulier en ce qui concerne la très complexe situation ethnolinguistique du Caucase.

L’auteur est beaucoup plus à l’aise dans l’histoire contemporaine d’un pays qu’il connaît bien. Sans faire mystère de ses fonctions auprès du Collège de défense de l’OTAN, il parvient à relater de façon distanciée les évènements les plus récents, en particulier la guerre russo-géorgienne d’août 2008. Pour lui, la version de cette crise rapportée par le président Saakachvili, qui a prétendu n’avoir fait que répondre à une agression russe, ne résiste pas à l’analyse. S’illusionnant sur les capacités de son armée et sur le soutien qu’il pouvait attendre de l’Occident, ce dernier n’a pas hésité à déclencher contre l’Ossétie du Sud une offensive de grande ampleur. Il n’en est pas moins vrai que le Kremlin, qui a rapidement exploité cette erreur par une réplique particulièrement brutale, avait tout fait pour le pousser à la faute.

Dans l’analyse des motivations de Moscou, l’auteur souligne le rôle de la reconnaissance par les Occidentaux de l’indépendance du Kosovo. Celle-ci, longuement et vivement contestée par les Russes, a fait sauter le tabou de l’intangibilité des frontières et les a définitivement convaincus qu’il leur était désormais possible de soutenir les indépendances des deux régions sécessionnistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie.

Les lecteurs qui ne cherchent pas un traité complet de l’histoire de la Géorgie mais des clés pour la compréhension de la situation contemporaine du Caucase liront avec intérêt ce livre à cet égard très bien documenté.


Jean-Pierre et Thierry Sarmant
( Mis en ligne le 29/09/2009 )
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