L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Vendredi 9 décembre 2022
  
 
     
Le Livre
Histoire & Sciences sociales  ->  
Biographie
Science Politique
Sociologie / Economie
Historiographie
Témoignages et Sources Historiques
Géopolitique
Antiquité & préhistoire
Moyen-Age
Période Moderne
Période Contemporaine
Temps Présent
Histoire Générale
Poches
Dossiers thématiques
Entretiens
Portraits

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Histoire & Sciences sociales  ->  Histoire Générale  
 

Blason chrétien du corps
Jean-Louis Chrétien   Symbolique du corps - La tradition chrétienne du Cantique des cantiques
PUF - Epiméthée 2005 /  39 € - 255.45 ffr. / 310 pages
ISBN : 2-13-054986-1
FORMAT : 15,5cm x 22,0cm

L'auteur du compte rendu : Emmanuel Bain est agrégé d’histoire ; il est actuellement allocataire-moniteur à l’Université de Nice Sophia-Antipolis, où il prépare une thèse en histoire médiévale.
Imprimer

Dans ce dernier ouvrage, le philosophe Jean-Louis Chrétien poursuit sa réflexion sur le corps d’une part, sur le langage et la parole d’autre part. En l’occurrence, il étudie les symboliques du corps qui se déploient dans les commentaires chrétiens antiques et médiévaux du Cantique des cantiques. L’approche choisie est originale par son attention aux différentes parties du corps.

Dans deux premiers chapitres capitaux sont présentées les deux grandes voies de l’interprétation du corps : l’interprétation individuelle qui décrit l’âme à l’image du corps ; et l’interprétation collective qui fait du corps une image de la collectivité, ici l’Église, conçue à la suite de Paul comme une totalité organique. Mais, par la suite, tous les chapitres, tels des blasons, sont consacrés à une partie du corps. Sont ainsi successivement évoquées les interprétations des dents, du nez, des lèvres, du cou, des yeux et du regard, des joues, de la chevelure, des seins, du ventre, du nombril, des mains et des doigts, des jambes, des pieds. Dans chaque cas la démarche suivie est sensiblement la même : l’auteur présente d’abord les occurrences de cette partie du corps dans la Bible, et sa symbolique la plus fréquente, puis il se centre sur les citations du Cantique et analyse en détail les significations individuelles et collectives qu’en ont données les commentateurs.

Il se fonde pour cela sur un vaste corpus de commentaires du Cantique qui vont du IIIe au XIIIe siècle, auquel s’ajoutent parfois quelques auteurs postérieurs, notamment Luther et Claudel. La méthode utilisée est totalement diachronique : il s’agit de décrire une logique de la pensée des diverses parties du corps, et non une quelconque évolution chronologique. Chaque chapitre fait ainsi pénétrer dans une polyphonie du corps, qui est aussi polyphonie du texte biblique, et polyphonie de la parole commentatrice. Ces chapitres essentiellement descriptifs sont clos par une «conclusion en forme de thèses», qui présente diverses propositions comme autant de «lectures» possibles des chapitres précédents, et donc autant d’invitations à poursuivre la réflexion.

En effet ce livre a l'avantage notoire de faire découvrir, par les nombreuses citations traduites, les beautés que recèlent les commentaires du Cantique des Cantiques, textes pas toujours très connus. Il a le mérite de faire pénétrer dans cet univers fascinant de l’exégèse antique et médiévale, dont les possibilités semblent infinies. Mais le caractère descriptif et parfois énumératif des chapitres centraux ouvre de nombreuses curiosités : J-L Chrétien parle de la «symbolique» développée dans les textes, mais ce concept correspond-il à l’approche des commentateurs eux-mêmes ? Quelle conception se font-ils de ce texte biblique particulier qu’est le Cantique des Cantiques ? Est-il traité de manière spécifique par rapport aux autres textes bibliques ? L’approche «symbolique» semble mettre de côté le sens littéral : est-ce le cas ?

Par ailleurs l’auteur distingue, de façon très pertinente, les interprétations individuelles et collectives : y aurait-il une logique historique derrière ces choix ? Existe-t-il une articulation entre ces deux approches ? La piste suggérée en conclusion, celle du passage de la théologie paulinienne du corps à la théorie politique est très intéressante : comment, quand s’est-elle produite ?

Quant à cette floraison symbolique, est-elle une spécificité du corps, «source et support de toute symbolisation» (p.293), ou plus généralement de la méthode d’interprétation du texte biblique ? Enfin devant cette présentation du livre, comment ne pas se demander si ces développements ont influencé la pratique poétique des blasons ? Ce dernier ouvrage de J-L Chrétien offre donc une riche matière pour de nouveaux questionnements.


Emmanuel Bain
( Mis en ligne le 19/10/2005 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2022
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd