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Que tirer du voyage ?
Sophie Linon-Chipon   Daniela Vaj    Collectif   Relations savantes - Voyages et discours scientifiques
PUPS 2006 /  26 € - 170.3 ffr. / 352 pages
ISBN : 2-84050-469-3
FORMAT : 16 x 24 cm

L'auteur du compte rendu : Rachel Lauthelier-Mourier a soutenu en 2002 une thèse de doctorat intitulée "Géographie et rhétorique dans les récits de voyage en Orient à l'époque classique" (Paris IV-Université de Montréal). Elle est aujourd'hui Maître de Conférences à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE). Ses recherches portent sur le genre viatique et les transferts culturels (épistémologie en particulier).
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Il y a plein de place en bas», lançait en 1959, lors d’une conférence, le physicien Richard Feynman. C’était une manière de dire à la communauté scientifique, alors obnubilée par la conquête spatiale, qu’il y avait d’autres mondes à conquérir… comme celui de l’infiniment petit.

Les relations savantes nous parlent justement d’un temps où tout, ou presque, était à découvrir. A une époque où la terre était à peine ronde et la mappemonde encore couverte de blancs. Ce n’était pas qu’en «bas» qu’il y avait de la place pour de nouvelles découvertes, mais de tous les côtés. On comprend donc que le voyage soit inextricablement lié à l’histoire des sciences : pour confronter d’abord la géographie de l’imaginaire à celle, bien réelle, de l’expérience, puis pour lister, nommer, décrire, rapporter et étiqueter toutes les merveilles et étrangetés que les autres mondes recelaient, il fallait partir, et revenir.

Tout voyage est une aventure, pourtant ces voyageurs-là ne sont pas des aventuriers (d’ailleurs, l’aventure, au sens où nous l’entendons aujourd'hui, n’existait pas encore), ils ont des objectifs précis : calculer des longitudes, effectuer des relevés topographiques, constituer des herbiers… Des marins portugais du 15ème siècle aux premiers alpinistes du 18ème siècle, de la terre australe à la vallée de Chamonix, le monde révèle à une poignée de savants-voyageurs des secrets qui modifient définitivement la représentation qu’ils s’en font : la terre devient vraiment ronde, les pays se fixent sur la carte et les monstres peu à peu disparaissent, laissant la place à des hommes, guère différents après tout de ce que nous sommes. Car bien avant l’apparition de l’ethnographie comme science, des voyageurs décrivent les mœurs et les rites de ceux qu’ils rencontrent. La première partie de l’ouvrage propose dix études fascinantes sur le «voyage savant» : on y aborde la «pré-éthnographie», la quête d’antiquités et les recherches naturalistes, la circulation des savoirs, les voyages en mer et dans «les profondeurs de la terre».

La deuxième partie montre comment, pour le cas plus précis des voyages scientifiques en altitude, les hommes usent des sciences pour appréhender le monde. Comparativement à certains lieux bien plus lointains de nous, la montagne n’est étudiée scientifiquement que tardivement. Tout simplement sans doute parce qu’il ne pouvait y avoir de conquête des sommets sans liens étroits entre les diverses sciences que sont la géographie, la climatologie et la médecine. A tel point d’ailleurs qu’il faut reconstituer en laboratoire les conditions extrêmes qu’impose l’altitude à l’homme. Pénétrer dans la chambre pneumatique qui soumet le savant à des variations barométriques est certes un voyage de petite envergure, mais qui a le mérite de préparer les grandes courses alpines.

Ce n’est plus seulement le voyage qui permet de découvrir mais la découverte scientifique qui permet de voyager : on étudie, on s’essaye, on se prépare avant «le grand départ». Cette compilation est captivante parce qu’elle nous montre, sans parti pris doctrinal, comment l’homme a pris possession du monde. Le voyage n’est qu’un vecteur. La relation qu’on en fait, elle, est essentielle.


Rachel Lauthelier-Mourier
( Mis en ligne le 30/11/2006 )
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