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Le batteur et le vanneur
Claude Schopp   Dictionnaire Dumas
CNRS éditions 2010 /  39 € - 255.45 ffr. / 666 pages
ISBN : 978-2-271-06774-6
FORMAT : 17,5cm x 24,7cm

Préface d'Alain Decaux

L'auteur du compte rendu : Alexis Fourmont a étudié les sciences politiques des deux côtés du Rhin.

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J'avais besoin depuis longtemps de vous écrire, de vous exprimer l'étonnement où me tient votre inépuisable génie, le fleuve immense de votre invention. Vous êtes plus qu'un écrivain. Vous êtes une des forces de la Nature» (p.13). Fort élogieuses, ces quelques lignes ont naguère été écrites par Jules Michelet à l'attention d'Alexandre Dumas, afin de lui témoigner toute son admiration pour son œuvre littéraire. Le compliment est d'autant plus flatteur lorsque l'on sait la quantité, mais aussi la qualité de la production historiographique de Michelet.

Dans son Dictionnaire Dumas, Claude Schopp retrace avec force détails la vie d'Alexandre Dumas, et ce depuis sa naissance à Villers-Cotterêts en 1802 jusqu'à sa disparition dans les environs de Dieppe en 1870. En près de 1300 entrées, Claude Schopp nous raconte Dumas de A à Z. Une à une, les innombrables facettes de l'écrivain sont dévoilées. Derrière le batailleur, on retrouve l'aventurier, mais aussi le mondain, le rebelle et l'homme d'action. D'une lecture agréable, cette somme permet au final de s'immerger non seulement dans le monde de Dumas, mais également dans les méandres de sa personnalité.

Aux côtés de Lamartine et Victor Hugo, Alexandre Dumas a largement contribué à changer la face de la France littéraire. A cet égard, il définissait lui-même son propre rôle en affirmant sans ambages que «Lamartine est un rêveur ; Hugo est un penseur ; moi, je suis un vulgarisateur. Ce qu'il y a de trop subtil dans le rêve de l'un (...), ce qu'il y a de trop profond dans la pensée de l'autre, profondeur qui empêche parfois qu'on ne la comprenne, je m'en empare, moi, vulgarisateur ; je donne corps au rêve de l'un, je donne de la clarté à la pensée de l'autre ; et je sers au public ce double mets (...). Supposez une ferme exploitée par trois amis, associés pour en tirer le meilleur parti possible. L'un fait couper la moisson, l'autre la rentre, le troisième la bat et la vanne. Je suis, moi, le batteur et le vanneur» (p.277).

Plus loin, Claude Schopp rend compte du républicanisme de Dumas : «ce vieux sentiment républicain que je tiens de mon père et qui a toujours reparu dans tout ce que j'ai écrit» (p.486). Lucide, Dumas appelle de ses vœux en 1848 «une république sage, grande, intelligente, une république ayant pour tous ceux qui recevraient ses lois quelque chose de la majesté de la reine, fondue avec l'affection de la mère, une république qui appellerait à elle, pour en faire les aînés de son amour, tous les bras puissants qui ont fait sa force, tous les grands esprits qui ont fait sa gloire, toutes les hautes intelligences qui ont fait sa prospérité» (p.487).

Fort de ses convictions républicaines, le fils du général républicain Dumas, «l'un des plus purs enfants de la première révolution», se présentera à diverses élections sous la bannière du parti de l'Ordre. «Paix, grandeur et prospérité de la France ; lutte incessante contre les hommes qui l'ont faite (...) sanglante, humble et pauvre» (p.488) : telles étaient les idées forces de son programme politique. Certes quelque peu nostalgique des mœurs policées de l'ancien régime, Dumas versera tout de même une larme lorsqu'il apprendra, le 4 septembre 1870, la proclamation de la République sur les décombres du Second Empire.


Alexis Fourmont
( Mis en ligne le 20/07/2010 )
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