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Histoire & Sciences sociales  ->  Biographie  
 

Un jésuite en Chine
Michela Fontana   Matteo Ricci. 1552-1610 - Un jésuite à la cour des Ming
Salvator éditions - Biographie 2010 /  29.50 € - 193.23 ffr. / 456 pages
ISBN : 978-2-7067-0719-3
FORMAT : 15cm x 22,5cm

Préface de Marianne Bastid-Bruguière
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Ignace de Loyola présentait naguère l’ambition du Supérieur général de la Vie de Jésus - i.e. des Jésuites - de la façon suivante : «notre vocation est d’aller d’un lieu à l’autre et de vivre en n’importe quelle partie du monde où l’on espère un plus grand servie de Dieu et une plus grande aide pour les âmes». Conformément à ce mot d’ordre, Matteo Ricci (1552-1610) partit en mission en Chine. Il fut le premier Européen à résider durablement dans l’Empire du Milieu. C’est à cet étonnant jésuite, doté d’un grand charisme et d’une mémoire prodigieuse, que Michela Fontana a dernièrement consacré une biographie.

Pour cet ouvrage remarquable, à la fois fort complet et très documenté, Michela Fontana a reçu fin 2010 le Grand Prix de la biographie politique. Le jury avait à cette occasion souligné les nombreux mérites du livre, lequel offre au lecteur la possibilité de se plonger «en un temps où le Pape représentait une puissance européenne incontournable». On y découvre par ailleurs l’Ordre des Jésuites, dont l’influence politique n’aura de cesse de croître, et plus spécialement «un homme, dont le rôle a été considérable pour (…) instaurer un dialogue entre l’Europe et la Chine».

Lors de la mort de cette figure légendaire de la rencontre entre la Chine et l’Occident, l’empereur chinois Wanli fit inscrire sur la sépulture de Matteo Ricci quelques mots, qui en disent long sur l’estime dans laquelle était portée le missionnaire jésuite : «à celui qui est venu attiré par la justice et à l’auteur de tant de livres. A Li Madou du Grand Occident». Matteo Ricci est en effet «le seul missionnaire chrétien dont la stature morale et intellectuelle ait à peu près échappé à la vindicte de la postérité chinoise», sauf lors de la Révolution culturelle en 1966 au cours de laquelle sa tombe a été profanée par les Gardes rouges. Quinze ans plus tard, toutefois, le gouvernement de la République populaire entreprit la reconstruction du tombeau à son emplacement originel, c’est-à-dire dans l’actuelle enceinte de l’Ecole centrale du Parti communiste chinois.

Assurément, la vie de Matteo Ricci parait mériter de tels honneurs. Arrivé en Chine à trente ans, en 1582, il ne quitta plus jamais le pays. Après sa mort, le récit et la correspondance qu’il laissa furent rapatriés dans la ville éternelle, où en 1615 la décision fut prise par un dénommé Nicolas Trigault de publier l’ensemble sous le titre De christiana expeditione apud Sinas suscepta ab Societate Iesu. Si le succès fut indéniablement au rendez-vous, car le livre fut réédité plusieurs fois et dans de nombreuses langues, ce fut au prix d’un obscurcissement - voire même d’un détournement - de la pensée personnelle de M. Ricci. Le jésuite flamand N. Trigault s’était approprié, il est vrai, l’œuvre de Matteo Ricci qu’il avait assez largement amendée. La mystification sera mise en lumière au début du XXe siècle, ce qui aura pour effet de multiplier les ouvrages sur le sujet.

Au fil de l’ouvrage, M. Fontana initie le lecteur à la Rome pontificale de la seconde moitié du XVIe siècle ainsi qu’au fonctionnement de la Compagnie de Jésus, présente aux quatre coins du monde. A cet égard, le rôle fondamental d’Alessandra Valignano dans les débats stratégiques des Jésuites est particulièrement mis en évidence. Protecteur de Ricci, ce dernier fut un visiteur régulier des missions jésuites en Asie. Il est surtout l’inventeur de la politique missionnaire d’inculturation que pratiqua Matteo Ricci. Ensuite, le parcours de Ricci en Chine est détaillé, et ce de ses séjours d’abord à Canton, puis à Pékin. M. Fontana fait en outre grand cas de la formation, de l’œuvre et des contacts scientifiques du missionnaire. Ce qui est extrêmement important puisque M. Ricci entendait évangéliser les Chinois et principalement les lettrés en démontrant que la foi chrétienne est garante d’un «système de vérité universelle».


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 05/04/2011 )
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