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Histoire & Sciences sociales  ->  Biographie  
 

A monsieur de Champlain sur son livre et ses cartes marines, ode
Caroline Montel-Glénisson   Champlain - La découverte du Canada
Nouveau monde 2004 /  25 € - 163.75 ffr. / 188 pages
ISBN : 2-84736-046-8
FORMAT : 14x23 cm

L'auteur du compte rendu : Hugues Marsat, agrégé d'histoire, est enseignant dans le secondaire. Il mène parallèlement des recherches sur le protestantisme aux XVIe-XVIIe siècles.
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Jusqu’à Samuel de Champlain, les tentatives françaises au Canada, celles de Cartier comme celle de Roberval et de leurs successeurs, se soldent par des échecs, ne posant qu’avec peine des repères pour l’avenir. L’œuvre de Champlain donne une réalité à la Nouvelle-France, qui n’est guère, auparavant et depuis 1529, qu’un toponyme sur les cartes. Caroline Montel-Glénisson, directrice de l’antenne parisienne de l’Université de New-York, rappelle aux lecteurs que cette oeuvre ne saurait se limiter à la fondation de la ville de Québec (1608) mais que Champlain mérite bel et bien la paternité de la Nouvelle-France, que l’Histoire lui a attribuée.

En dépit de cette célébrité, la vie de Samuel de Champlain avant ses voyages reste une énigme. S’il est certain que Brouage l’a vu naître, fils d’un capitaine de marine, sa date de naissance est l’objet de discussions et oscille entre 1567 et 1580 ; sa carrière n’a de certaine que son appartenance à l’armée de Bretagne et sa formation demeure inconnue mais ses connaissances en navigation et ses talents de dessinateur sont avérés. Il n’est pas jusqu’à sa confession qui reste dans le flou puisque, s’il est bon catholique au moins durant ses voyages et meurt dans le giron de l’Église en 1635, son prénom fleure bon le calvinisme, fort répandu dans sa province natale.

Ce n’est donc pas sans raison que l’auteur relègue le délicat problème des origines au chapitre II et commence son étude par le voyage de 1604, pourtant le deuxième que fait Champlain au Canada, à peine un an après une expédition de traite dans la vallée du Saint-Laurent, sur les traces mêmes de Jacques Cartier. D’une part, ce voyage, dirigé par Pierre du Gua de Monts, a pour destination les côtes de la future Acadie et bénéficie d’une commission royale qui le charge de peupler et explorer le pays. D’autre part, Champlain y occupe une position officielle ayant pour «mission de rendre compte au Roi de toutes ses observations du pays» (p.17), position qui lui est due par le récit de son premier voyage en 1603. Dès lors, l’explorateur n’a de cesse de publier les récits, quasiment au jour le jour, de ses pérégrinations, le tout formant quatre ouvrages parus entre 1603 et 1632.

Il ne s’agit pas là du moindre des paradoxes de Samuel de Champlain, car, alors que sa vie personnelle n’est qu’entraperçue – il ne mentionne sa femme qu’au sujet de sa venue au Canada en 1620 -, il a laissé plusieurs milliers de pages de description du Canada, qui constituent pour ainsi dire, avec L’histoire de la Nouvelle-France de l’avocat Marc Lescarbot (1609), les seules sources pour la connaissance des débuts de la colonisation jusqu’aux publications des Récollets ou des Jésuites.

Largement utilisé et longuement cités – trop longuement – par Caroline Montel-Glénisson, ces journaux tendent à faire de Champlain. La découverte du Canada une histoire des premières années de la Nouvelle-France et restituent une vision du Canada, celle de ses explorateurs, révélant leurs ambitions par la même occasion et en premier lieu, celles de Champlain qui a toujours perçu le Canada comme une étape sur la route de l’Orient, via le passage du Nord-Ouest qu’il restait à découvrir. L’ouvrage est d’ailleurs construit comme le récit d’un voyage depuis le départ le 7 avril 1604 (chapitre I) jusqu’au début de l’évangélisation des Indiens (chapitre VIII) en passant par les difficultés du voyage (chapitre IV) et celles de vivre au Canada (chapitre VI), et par la description des sociétés amérindiennes (chapitre VII).

Une telle construction permet de remettre Samuel de Champlain dans une perspective comparative, celle des explorateurs-colonisateurs, en le situant à la croisée du conquistador du XVIe siècle et du scientifique du XVIIIe siècle. Même si son organisation est inhabituelle pour une biographie, le livre de Caroline Montel-Glénisson se pose comme tel (p.12), utilisant les récits des contemporains de Champlain pour mieux saisir ce dernier. Il constitue davantage une reconstruction de la rencontre de deux mondes vue par les yeux des habitants de l’un d’entre eux. Il est vrai que le manque de document aurait pu rendre un plan classique hasardeux.

Si la démarche éclaire cette biographie d’une approche intéressante, allant jusqu’à induire une réflexion sur la production du journal de voyage, elle conduit aussi l’auteur à abuser des citations, parfois sur plusieurs pages (pp.60-62), privant le lecteur d’un recul souvent propice à l’analyse, qu’il lui appartiendra de prendre par lui-même, et alourdissant quelque peu la lecture. Une chronologie et une cartographie auraient facilité cette vision plus synthétique d’un travail dont la bonne bibliographie montre la scientificité. Il n’en demeure pas moins que Champlain. La découverte du Canada offrira des précisions sur cette partie de l’histoire de l’Amérique française qui auraient pu manquer aux lecteurs de l’ouvrage éponyme de Gilles Havard et Cécile Vidal (Flammarion, 2003).


Hugues Marsat
( Mis en ligne le 15/07/2004 )
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