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Des réalistes qui rêvent de redevenir rêveurs…
Pierre Bezbakh   Histoire du socialisme français
Larousse - Bibliothèque historique 2005 /  19 € - 124.45 ffr. / 320 pages
ISBN : 2-03-505568-7
FORMAT : 16,0cm x 22,0cm

Préface de Maurice Agulhon.
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Avant toute chose il convient de faire une mise au point : oui, cet ouvrage est publié par les Editions Larousse dans la collection "Bibliothèque Historique", mais il s’agit d’un essai et d’une interrogation militante en même temps que d’un manuel d’histoire. L’auteur interroge l’histoire du socialisme français afin d’en trouver une essence «utilisable» dans le contexte actuel, projet dont la concrétisation serait sans doute appréciée par beaucoup en ces temps de redéfinition politique préélectorale.

Le cadre chronologique qu’il choisit indique une volonté de s’intéresser spécifiquement au cas français, ainsi que le titre l’annonçait : la Révolution française sert de cadre de départ et d’élément fondateur, et les changements de régimes et de gouvernements français rythment le livre. Les évolutions institutionnelles, socio-économiques et philosophiques sont prises en compte pour tenter de tracer un tableau aussi fidèle que possible de l’ensemble de l’évolution du socialisme. Ainsi, la restriction du champ étudié conduit à un approfondissement et à une mise en perspective théorique intéressante. Cependant il faut remarquer que ce relatif isolement méthodologique est un parti pris assumé, puisqu’une approche internationaliste, voir comparative, aurait également pu se justifier. De fait, le primat est ici donné aux événements qui ont eu des répercussions concrètes en France, pour voir comment la pensée et surtout l’identité socialiste ont évolué en relation.

En effet, à partir du moment où le terme existe et devient un référentiel politique, c’est l’histoire de ceux qui se disent socialistes que retrace Pierre Bezbakh, et plus précisément la manière dont ils se définissent par rapport aux autres forces politiques. L’études des moments charnières comme la révolution de 1848, la Commune, le Congrès de Tours ou la mise en place du Programme Commun se fait donc dans l’idée de délimiter peu à peu une culture socialiste, qui oscille perpétuellement entre idéalisme et réalisme : mysticisme social communiste et matérialisme dialectique puis marxisme militant et gestion raisonnable.

C’est cette tension idéologique qui guide, chez l'auteur, la recherche historique mais aussi la quête d’une identité socialiste pour le XXIe siècle. Le socialisme français serait un mouvement spécifique pour de nombreuses raisons qui ont trait à l’existence d’une pensée socialiste utopiste propre et influente, historiquement, ainsi qu’à l’absence de sociale-démocratie au sens où on l’entend dans les autres pays européens. Cela a créé un perpétuel écart entre une culture révolutionnaire et l’idée même de pouvoir gouverner, gérer en conformité avec ces principes. De ce fait, l’arrivée au pouvoir des socialistes en 1981 révèle cet abîme entre rêves et réalités, et provoque une remise en question de la notion même de socialisme. Mais c’est oublier, selon P.Bezbakh, que c’est finalement une tradition socialiste française que de naviguer à vue entre des extrêmes «dangereux», et que la conciliation des éléments réformistes et révolutionnaires fait partie de son héritage intellectuel.

Or, en observant l’histoire du mouvement, on se rend compte que ce qui importe, c’est plus l’existence de grandes questions sociales, de profondes inégalités, et de personnes opprimées, lésées, qu’elles soient une classe au sens marxien ou non, et dès lors la légitimité du socialisme reste entière aujourd’hui, de la même manière qu’au temps des «partageux» ou de la SFIO. Le but des socialistes d’aujourd’hui serait alors principalement de réussir à identifier ce «peuple» à défendre, et de voir en quoi les théories d’une communauté relativement égalitaire, élaborées au fur et à mesure de son histoire, serait en mesure de répondre aux attentes de ce peuple.

C’est là, par ces prospectives souvent basées sur une foi absolue en la mission salvatrice du socialisme, que le livre pourra irriter certains lecteurs, mais celles-ci n’interviennent ouvertement qu’à la fin de l’ouvrage. Celui-ci, du fait, entre autres, de sa clarté très didactique, se lit néanmoins comme un bon récapitulatif, à thèse il est vrai, mais comment faire autrement quand le sujet a déjà tant été traité ?


Aurore Lesage
( Mis en ligne le 18/12/2005 )
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