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De l'industrialisation des sociétés modernes
Patrick Verley   L'Echelle du monde - Essai sur l'industrialisation de l'Occident
Gallimard - TEL 2013 /  24 € - 157.2 ffr. / 935 pages
ISBN : 978-2-07-013796-1
FORMAT : 12,5 cm × 19,0 cm
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Faire une synthèse sur la révolution industrielle n'est pas une entreprise aisée tant le sujet a donné lieu à d'innombrables travaux. L'Echelle du monde de Patrick Verley s'attaque à ce sujet difficile. L'auteur définit l'industrialisation comme un «ensemble complexe, comprenant la croissance industrielle, l'augmentation de la part de la production industrielle, le machinisme et les changements dans l'organisation du travail». Son livre, complexe et souvent technique, donne un aperçu original et riche d'apports neufs.

Sa recherche concerne les facteurs de la première industrialisation (XVIIIe siècle à 1870) et l'émergence de l'ordre économique mondial qui s'est imposé par la suite. Patrick Verley couvre pour la plupart les pays occidentaux avec les États-Unis en imbriquant les multiples marchés pris dans une concurrence effrénée. L'essai offre à la fois une histoire comparative de l'industrialisation en fonction de la spécificité de chaque pays, une étude qui prend en compte les statistiques, une histoire basée sur des archives et des documents divers. L’ouvrage est vaste et dense.

Patrick Verley propose une lecture des interprétations de l'industrialisation depuis plus d'un siècle. Il retrace les débats qui ont eu lieu entre plusieurs économistes et historiens depuis des années. Puis il considère les causes de cette industrialisation. Des économistes marxistes et des économistes libéraux (Rostow) mettent l'accent sur les facteurs internes de l'industrialisation. À l’inverse, d'autres mettent en valeur la diversité des voies nationales.

Patrick Verley constate qu'au début des années 90 les recherches optent pour des voies divergentes. Il discerne des critères macro-économiques qui individualisent une période comprise entre 1750 et 1850, proposant sa théorie, centre de son essai, une théorie qui s’oppose à l’histoire dominante (Braudel, Landes, Crouzet) et donne la préférence aux débuts de l'industrialisation par les facteurs de l'offre, par des modifications technologiques de l'offre. Deux processus se sont succédé, au XVIIIe siècle, tout d’abord une croissance smithienne (Adam Smith) qui explique le progrès de la richesse d’un pays par la division du travail, l'urbanisation et l'expansion des marchés (transports, approfondissement social de la demande, internationalisation des échanges) puis ensuite une croissance schumpéterienne par des innovations technologiques et par les initiatives des entrepreneurs. La dynamique de l'offre ne l'emporte qu'après 1880, avec la seconde industrialisation.

La suite de l'ouvrage embrasse de multiples phénomènes ; Patrick Verley, fort d’une recherche personnelle et de la relecture de nombreux ouvrages, propose de la sorte une somme impressionnante. Il détaille notamment les facteurs qui ont développé les marchés intérieurs avant le chemin de fer. C'est là qu'interviennent les moyens de transport, point crucial. D'abord les routes, la voie d'eau, les canaux et le cabotage. La Grande-Bretagne fut innovante dans de nombreux domaines avec des formes de commercialisation ingénieuses, offrant aux marchandises une rotation plus rapide des capitaux. Puis c’est l’apparition des grands magasins en France (on se souviendra à cet égard du roman d’Emile Zola, Au bonheur des dames) et les magasins à succursales en Angleterre. La révolution du commerce de détail bat son plein et pousse les ménages à consommer, contribuant à l’avènement de la première société de consommation.

Cette révolution de la consommation est le fait des citadins et des travailleurs de l'industrie rurale à domicile, imitant les classes supérieures. Le dernier chapitre aborde les marchés internationaux. Les exportations étaient d'une importance cruciale. Au milieu du XVIIIe siècle, les débouchés extérieurs pour le développement des secteurs les plus modernes (l'industrie cotonnière) sont vitaux. La croissance industrielle, portée par la demande intérieure, se poursuit grâce au développement des marchés extérieurs.

Patrick Verley avertit le lecteur dans son introduction que son histoire de la première industrialisation comportera deux tomes. Après L’Échelle du monde, il nous promet un deuxième tome qui étudiera les facteurs de l'offre. Voici un livre novateur et conséquent sur cette période fort complexe.


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 14/01/2014 )
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