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Histoire & Sciences sociales  ->  Sociologie / Economie  
 

Une mise en perspective efficace et nuancée
Gautier Pirotte   La Notion de société civile
La Découverte - Repères - Sciences Politiques Droit 2007 /  8.50 € - 55.68 ffr. / 122 pages
ISBN : 978-2-7071-4694-6
FORMAT : 11,0cm x 18,0cm

L’auteur du compte-rendu : François Bonnet est docteur en sociologie et enseigne à Sciences-Po Paris.
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La notion de société civile est vague et saturée de connotations normatives. Pour ceux qui l’utilisent, la société civile est forcément moins bureaucratique que l’Etat et plus solidaire que le marché ; elle représente mieux «les gens» que les partis politiques ; et les «personnalités» qui en sont issues sont forcément moins retorses et moins corrompues que les politiciens professionnels. Les manifestants de Seattle considèrent qu’ils expriment l’opinion de la société civile mondiale, Laurence Parisot dit que les entreprises sont un pilier de la société civile : comment faire de cette notion fourre-tout un concept utile pour les sciences sociales ?

Le livre de Gautier Pirotte est composé de deux parties. La première porte sur les différentes acceptions de la notion de société civile : Aristote, Hegel, Gramsci sont convoqués pour en examiner les racines philosophiques. A l’ère moderne, deux conceptions majeures de la société civile coexistent. D’un côté la société civile comme contre-pouvoir, définie après Montesquieu et Tocqueville : la vigueur de la société civile est associée par des auteurs comme Robert Putnam à une manifestation de la vitalité démocratique d’un peuple soucieux. De l’autre côté, la société civile comme tiers secteur, issue de l’héritage du socialisme utopique et des chrétiens-sociaux, porteur d’une économie sociale plus respectueuse des liens sociaux que l’économie classique, et en même temps méfiante par rapport à l’Etat.

Le regard nuancé de Gautier Pirotte est particulièrement appréciable dans la seconde partie quand il s’agit d’évaluer, dans un deuxième temps, la problématique néo-tocquevillienne qui fait de la société civile un ferment du capital social. La République de Weimar, par exemple, a connu une forte vitalité associative, sans que cela n’empêche la démocratie de sombrer. En effet, toutes les associations ne se valent pas : la résurgence des associations de hooligans en Europe témoigne-t-elle de la vigueur de la société civile ? Dans le même esprit, les expériences de démocratie participative montrent que les intérêts locaux à court terme ont tendance à primer sur la définition d’objectifs à long terme. L’auteur montre aussi comment la notion de société civile a été promue par la Banque mondiale et le FMI dans le cadre d’une critique des Etats corrompus dans les pays en voie de développement. Il est à ce titre intéressant de voir comment les mêmes mots (société civile) ne désignent pas les mêmes réalités dans les pays occidentaux et dans le tiers monde.

Si la notion de société civile est problématique, celle de société civile mondiale l’est encore davantage. Le nombre d’ONG internationales a beaucoup augmenté depuis les années 1980 et certaines d’entre elles ont obtenu des succès notables ; mais leur ancrage est encore trop occidental, voire anglo-saxon, pour que l’on puisse imaginer que cette «société civile mondiale» parle au nom du monde chinois ou musulman. Au final, l’intérêt de l’ouvrage de Gautier Pirotte, en raison de son scepticisme ouvert, est de convaincre que la notion de société civile a beau être évasive, elle n’en désigne pas moins «quelque chose» qui mérite l’attention de la communauté scientifique.


François Bonnet
( Mis en ligne le 11/05/2007 )
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