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Travailler pour mourir plus vite
Annie Thébaud-Mony   Travailler peut nuire gravement à votre santé
La Découverte - Poche 2008 /  10 € - 65.5 ffr. / 290 pages
ISBN : 978-2-7071-5475-0
FORMAT : 12,5cm x 18,9cm

L'auteur du compte rendu : Mathilde Rembert travaille dans le domaine de la formation professionnelle continue.
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Le titre en couverture, écrit en noir sur fond blanc avec un entour rouge, n’a rien pour rassurer. Il rappelle les messages d’avertissements écrits sur les paquets de cigarettes. Notre société stigmatise les mauvaises habitudes individuelles, comme le fait de fumer ou de manger trop gras, salé ou sucré, mais quid des maladies et accidents causés par les collectifs de travail ? Ce domaine semble échapper à la critique. Lorsqu’il s’agit du travail, les responsables de dommages peuvent agir en toute impunité, soutient Annie Thébaud-Mony, sociologue engagée dans la lutte contre l’amiante.

C’est pour souligner cet aspect que l’auteure nomme ses chapitres «Homicides et blessures involontaires», «Mise en danger délibérée d’autrui», «Non assistance à personne en danger »… avec en début de chapitre des textes du code pénal. L’ouvrage se lit d’ailleurs comme un roman policier… et fait froid dans le dos.

L’auteure s’intéresse à la façon dont le problème de l’amiante a été traité en France, mais aussi au Québec et au Brésil. Elle montre comment les pays riches délocalisent la mort au travail, retraçant la saga du Clémenceau, ce bateau dangereux qui devait être démantelé… en Inde. Elle épingle l’attitude d’EDF concernant la sous-traitance des risques liés au nucléaire. Elle va aussi plus loin en montrant l’ambivalence possible des syndicats, de l’inspection ou de la médecine du travail, montrant aussi que la recherche scientifique peut être influencée par les besoins des industriels.

Si la France reste dans une logique d’indemnisation des victimes, l’exemple de l’Italie montre qu’un autre choix peut être fait, celui de la criminalisation des responsables. Le 27 mai 2005, huit anciens responsables de l’entreprise Eternit ont été condamnés pénalement pour avoir exposé en connaissance de cause des salariés à l’amiante. L’auteur n’oublie pas pour autant les souffrances de ceux qui sont privés de l’accès au travail, comme le montre en annexe un beau texte sur la violence, qu’elle a écrit dans le sillage de «l’appel des 93», lancé à l’initiative du président du conseil général de Seine-Saint-Denis suite aux évènements de 2005 dans les banlieues.

Au sujet des jeunes, l’auteure tente de démontrer que leur sur-représentation parmi les accidentés du travail n’est pas due à une imprudence qui leur serait propre, mais à la structure même du marché de l’emploi (par exemple, ils sont souvent obligés de travailler en intérim, connu pour être dangereux). Sans minimiser les effets de l’organisation du travail, il faut pourtant bien admettre que les jeunes, du fait de leur immaturité, sont plus impulsifs et anticipent moins que les adultes. D’où par exemple, leurs nombreux accidents sur la route.


Mathilde Rembert
( Mis en ligne le 06/06/2008 )
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