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Histoire & Sciences sociales  ->  Historiographie  
 

Quelques pistes pour penser l’histoire
Emmanuel Le Roy Ladurie    Collectif   Histoire et système
Cerf - Politique 2010 /  18 € - 117.9 ffr. / 133 pages
ISBN : 978-2-204-09064-3
FORMAT : 13cm x 21,5cm

Préface de Pascal Cauchy

L'auteur du compte rendu : Agrégé, Pierre Triomphe a soutenu une thèse sur «Les mises en scène du passé au Palais-Bourbon (1815-1848). Aux origines d’une mémoire nationale». Il a publié L’Europe de François Guizot (Privat, 2002).

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L’ouvrage d’Annie Kriegel, Le Système communiste mondial, paru en 1984, fit date. Un quart de siècle après sa sortie, un colloque commémora l’événement. Quelques auteurs revinrent sur la pertinence des analyses d’Annie Kriegel : Jean-Jacques Becker en critiqua la pertinence, considérant que la dimension russe primait le facteur idéologique dans l’expérience soviétique, point de vue ultérieurement contesté par Stéphane Courtois. Plus généralement, les organisateurs des débats tenaient à poser de façon générale les rapports entre la discipline historique et la notion de système.

Le présent ouvrage, intitulé Histoire et système en est le fruit. Il se compose d’un bref avant-propos et de huit interventions d’ampleur très inégale. Au total, moins de 250 000 signes pour quelques 130 pages dépourvues d’illustrations. L’hétérogénéité des contributions se manifeste aussi par une attitude fort différente à l’égard des notes et références. Abondantes dans la moitié des contributions, elles sont absentes de l’autre moitié. Les articles ne proposent pas de réflexions abstraites sur la notion de système, ni de présentation des principaux penseurs de ce concept, à l’exception d’un très bref article qu’Ilios Yannakakis consacre à Ludwig von Bertalanffy, un biologiste qui proposa une «théorie générale des systèmes» portant aussi bien sur les sciences exactes que sur les sciences humaines. Les auteurs ne reviennent pas davantage sur les grandes théories de l’histoire, particulièrement nombreuses au XIXe siècle, même si l’on rencontre une brève évocation d’Auguste Comte dans l’introduction de Pascal Cauchy. Les amateurs de considérations épistémologiques et historiographiques resteront donc en partie sur leur faim. Cependant, si les contributeurs préfèrent les études de cas concrets, les intitulés même de leurs contributions les amènent à se livrer à des réflexions théoriques, dont les présupposés diffèrent d’ailleurs d’un article à l’autre.

L’ouvrage illustre essentiellement le dynamisme actuel de l’histoire politique et sa fécondation par les sciences sociales. Si Emmanuel Le Roy Ladurie, fidèle à la tradition des Annales, évoque un système «climat et subsistances» de nature essentiellement socio-économique, la plupart des autres contributions mettent en valeur des réflexions sur les pouvoirs politiques. Thierry Lentz se demande s’il est pertinent de présenter l’Europe napoléonienne comme un système. Gilles Le Béguec, au travers d’une interrogation sur les syntagmes apparemment proches de «régime démocratique», de «système démocratique» ou de «système représentatif», propose une courte mais éclairante relecture de la politologie des XIXe et XXe siècles. Le système bourbonien, traité par Jean-Christian Petitfils, représente à lui tout seul près d’un tiers de la pagination de l’ouvrage. Tout en rappelant que le soi-disant absolutisme reposait sur l’adhésion des élites provinciales, initialement par le biais de réseaux de clientèle remontant jusqu’aux ministres, l’auteur montre comment peu à peu la monarchie réussit à se doter d’une autonomie relative sous Louis XIV, tout en restant un pouvoir limité, ce que la crise du XVIIIe siècle et la révolution française allaient mettre en valeur de façon éclatante.

La synthèse de ces différentes interventions n’était pas une chose facile. En rapportant à la Russie de la fin du XIXe siècle et de l’époque communiste les conceptualisations proposées par les différents auteurs, Stéphane Courtois parvient, en dépit de certains artifices rhétoriques, à retenir l’attention du lecteur : l’exercice s’avère assez savoureux et offre une conclusion originale à l’ouvrage.


Pierre Triomphe
( Mis en ligne le 19/10/2010 )
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