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Penser la part maudite des choses
Slavoj Zizek   Pour défendre les causes perdues
Flammarion - La Bibliothèque des Savoirs 2012 /  26 € - 170.3 ffr. / 375 pages
ISBN : 978-2-08-121504-7
FORMAT : 15,4 cm × 24,0 cm

Daniel Bismuth (Traducteur)
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Slavoj Žižek (né en 1949 à Ljubljana, en Slovénie) est un philosophe et psychanalyste slovène. Diplômé d’un doctorat en philosophie de l'Université de Ljubljana, il a étudié la psychanalyse à l'Université de Paris VIII avec Jacques-Alain Miller et François Regnault. Il est connu pour son utilisation des travaux de Jacques Lacan sous l'angle de la culture populaire ainsi que pour ses analyses sur Hegel. Il a écrit sur divers sujets comme le fondamentalisme, la tolérance, le politiquement correct, la mondialisation, la subjectivité, les droits de la personne, le postmodernisme, le multiculturalisme, le marxisme…

Dans ce nouvel essai, Slavoj Žižek tente de défendre des causes perdues, perdues au regard de l'époque mais aussi de la philosophie, des abîmes devenus impensables dans la société libérale globale. "Telle est donc la limite de la sagesse - aller au-delà implique un Acte de Foi, une foi dans les Causes perdues, ces Causes qui ne peuvent que paraître insensées aux yeux des sages sceptiques. Or, le présent livre part d'un Acte de Foi semblable. Le problème, en effet, est qu'en période de crises et de ruptures la sagesse empirique sceptique, ainsi restreinte à l'horizon de la doxa régnante, se trouve elle-même incapable de procurer les solutions, de sorte qu'on doit risquer un Acte de Foi" (p.9).

Il tente donc de penser les parts maudites de certains faits. Il commence avec le débat sur l'engagement nazi de Heidegger par un chapitre intitulé d'une façon provocante ''Les intellectuels radicaux ou pourquoi Heidegger est parti du bon pied en 1933'', où il tente de comprendre l'engagement de Heidegger en le sortant de la condamnation pure et simple qui, par définition, ne pense pas les choses. Ce chapitre est délicat à la lecture car il présuppose de connaître les concepts heideggériens sur l'ontologie, l'ontique, l'essence de l'être, le Dasein pour comprendre où veut en venir l'auteur. La lecture est du coup plus ardue et parfois, par l'accumulation de concepts, assez obscure. Žižek y fait une incursion sur Michel Foucault et sa déclaration en faveur de la Révolution iranienne. Ce chapitre intéressera ceux qui tentent de penser les errements ou les erreurs de grands philosophes plutôt que de rentrer dans un aveuglement par prise de position moraliste, dans un camp comme dans l’autre.

Slavoj Žižek poursuit au sujet du stalinisme, à travers deux figures, les compositeurs Dmitri Chostakovitch et Sergei Prokofiev. Il se pose la question des personnalités publiques et privées des compositeurs face à la stratégie du pouvoir, de ce qu'ils dissimulaient dans leur musique pour désobéir au régime stalinien ou de ce qu'ils dissimulaient "ouvertement" pour paraître s'opposer tout en, plus ou moins, approuvant. En analysant la stratégie stalinienne, Slavoj Žižek rejoint surtout la conclusion que le nazisme est une copie du communisme, du moins une réaction envers ce dernier (règne de la police secrète, camps de concentration, terreur génocidaire), même s'il subsiste des différences. Si le régime communiste voulait exterminer les opposants seulement en tant que classe, le philosophe précise: "La différence - minimale, mais cruciale - persiste ici par rapport au programme nazi de déjudaïsation, dont l'objectif ultime était effectivement d'anéantir les Juifs en tant qu'individus, de les faire disparaître en tant que race. A cet égard, Ernst Nolte a raison : le nazisme constitua une répétition, une copie du bolchevisme - en termes nietzschéens, il fut un phénomène profondément réactif" (p.167).

Délaissant ces eaux troubles, il tente ensuite de penser les résistances face au système libéral permissif de la globalisation, notamment à travers deux penseurs, Michael Hardt et Antonio Negri. L'attitude principale pour le philosophe est de critiquer les excès de l'impérialisme tout en mobilisant les mécanismes capitalistes dans un cadre plus "progressiste".

Une fois encore, Slavoj Žižek fait feu de tout bois, passant d'un sujet à l'autre avec moult références à Lacan et au Grand Autre. Cet essai semble un peu moins accompli que le précédent (Violence, Le Diable Vauvert, 2012). Mais cet électron libre de la pensée actuelle montre à nouveau qu'il a plus d’un tour dans son sac pour repenser d’une façon iconoclaste les soi-disant impasses de la pensée, nous obligeant à les reconsidérer pour échapper aux dogmes contemporaines. Telle est la grande force de cet intellectuel.


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 12/06/2012 )
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