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Histoire & Sciences sociales  ->  Historiographie  
 

Une singulière grande école
Jean-Charles Bédague, Michelle Bubenicek & Olivier Poncet   L'Ecole nationale des chartes - Deux cents ans au service de l'Histoire
Coédition Gallimard/Ecole Nationale des Chartres 2020 /  26 € - 170.3 ffr. / 192 pages
ISBN : 978-2-07-289223-3
FORMAT : 18,7 cm × 23,1 cm
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Fondée par une première ordonnance du 22 février 1821, l’École des chartes fête aujourd’hui ses 200 ans. Sa vocation était d’organiser les dépôts de documentation et de contribuer au renouvellement contemporain de l’histoire nationale. Son originalité était – et est toujours – de conjuguer une mission d’intérêt collectif avec les carrières historiques individuelles de ses élèves, de relier la sauvegarde, l’organisation et la conservation des sources de l’histoire nationale afin de les rendre intelligibles et d’en développer le traitement historique. Le XIXe siècle était bien ce «siècle de l’histoire» où tout poussait à l’exploitation du passé : révolutions et restaurations, romantisme littéraire et artistique, sentiment national et compétition avec l’érudition allemande…

En fait, l'école cessa rapidement ses activités et les reprit en 1829. En 1847, son organisation fut développée par une nouvelle ordonnance du 31 décembre qui lui donna son architecture définitive. Elle enseigne les «sciences auxiliaires de l’histoire» et affirme rapidement sa domination sur le monde de l’érudition. Aux premières promotions incombe de traiter des «Antiquités nationales» et les «archivistes paléographes» y prennent rapidement, pour la France, une part qui les met en bonne place dans le grand mouvement européen de recherche des origines nationales. Ainsi en 1862, ses enseignants sont Edgard Boutaric, Francis Guessard, Léon Lacabane, Louis de Mas Latrie, Anatole de Montaiglon, Jules Quicherat, Adolphe Tardif, tous grands noms de l’histoire érudite dont les travaux font autorité. Parallèlement, une Société de l’École des chartes, fondée en 1839, assurait – et assure toujours – la publication d’une revue, la Bibliothèque de l’École des chartes où il était précisé que «l’histoire étudiée sous le point de vue social ou philosophique sera exclue du recueil». Le ton était donné…

À partir de ce socle, les temps et les intérêts se sont transformés, mais, au sein de la discipline historique, l’École des chartes a su conserver sa personnalité tandis que nombre de chartistes ont, à leur façon, accompagné le mouvement. Parmi ceux-ci, le présent volume signale particulièrement Henri-Jean Martin, le fondateur de l’école française d’histoire du livre, qui professa à l’École (p.116) – et on peut, au passage, regretter qu’il ignore le subtil historien de l’administration monarchique que fut Michel Antoine, lequel a le désavantage de n’avoir point été professeur à l’École. En-deçà de ces individualités, en matière professionnelle, le siècle passé a vu la montée en puissance de l’administration et, en conséquence, de l’urgence d’en sauvegarder la production, tâche à laquelle les chartistes s’adonnent sans compter. Une telle permanence est bien illustrée par cet ouvrage qui se termine comme il avait commencé, par l’affirmation de ces fonctions historiennes traditionnelles, témoignant d’une orientation qui est demeurée la même. La conséquence normale en est un certain enfermement de l’exposé dans les murs de l’École, sauf, pour un chapitre, à passer outre les frontières nationales pour suivre les chartistes à travers le monde.

La pratique éditoriale, également, a évolué comme en témoignent les volumes successifs consacrés à l’École. En 1921, avait été publié un Livre du centenaire ; le premier volume contenait une histoire de l’établissement et de la production historique de ses élèves dont la liste formait le second volume. Établi par Maurice Prou, alors directeur de l’École, il demeure une référence obligée. Pour sa part, le volume qui paraît aujourd’hui prend directement la suite d’un gros ouvrage paru en 1997, auquel il s’oppose en beaucoup de points (L’École nationale des chartes. Histoire de l’École depuis 1821, Gérard Klopp éditeur) ; il contenait une série d’études relatives à divers aspects des activités de la communauté chartiste. Plus largement, il s’agit cette fois d’un parcours «biographique» continu, élégamment présenté et fort illustré, divisé en six parties aux titres en forme d’affirmations, voire de conclusions a priori : - Une longue genèse (1821-1870) – Une École conquérante (1870-1914) – Les défis du monde moderne (1914-1939) – L’École du XXe siècle (1939-1989) – Les chartistes et le monde – Aujourd’hui et demain.

Tout à la fois récit, prospectus et catalogue, avec ses choix et ses lacunes, l’ouvrage permet de découvrir l’École telle qu’elle se conçoit et désire se présenter aujourd’hui. L’exposé est assorti d’encadrés ou «focus» divers qu’une véritable table des matières aiderait mieux à retrouver qu’une simple liste de leurs auteurs en fin de volume (le plan de la p.16 est inopérant). Le tout (ou presque) tient un peu pour une apologie qui aura sans doute quelque peine à toucher un «grand» public au-delà du monde chartiste, lequel ne manquera pas d’apprécier l’index où ses membres ont le privilège de figurer en petites capitales (ce qui fait, par exemple, que le chartiste Léon Gautier y semble plus célèbre que Théophile Gautier…), mais restera plus perplexe devant une annotation peu systématique (49 notes, p.184). Signalons enfin que la Bibliothèque de l’École des chartes annonce la parution prochaine d’un numéro spécial intitulé L’École des chartes. Un portrait intellectuel.


Françoise Hildesheimer
( Mis en ligne le 29/03/2021 )
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