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Histoire & Sciences sociales  ->  Historiographie  
 

Ceux qui font l'histoire
Christian Amalvi    Collectif   Dictionnaire biographique des historiens français et francophones - De Grégoire de Tours à Georges Duby
Boutique de l'histoire 2004 /  24 € - 157.2 ffr. / 366 pages
ISBN : 2-910828-32-8
FORMAT : 16x24 cm

L'auteur du compte rendu, David-Jonathan Benrubi, élève à l'École des chartes, président de l'Association historique des élèves du lycée Henri IV, poursuit, sous la direction de MM. Bruno Laurioux et Michel Pastoureau, des recherches sur les représentations des banquets au Moyen Age.
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Le libraire-éditeur La Boutique de l'Histoire publie un Dictionnaire biographique des historiens français et francophones, de Grégoire de Tours à Georges Duby, sous la direction de Christian Amalvi, archiviste-paléographe, enseignant à l'université Paul Valéry - Montpellier III, et spécialiste de questions historiographiques (Le Goût du Moyen Age, consacré aux représentations et utilisations de l'histoire médiévale à l'époque contemporaine).
Quand les esprits chagrins auront fait remarquer que l'historien tourangeau n'était pas français mais franc, ils auront formulé l'essentiel des reproches adressables à ce très bon livre, mais non l'ensemble.

Le projet du Dictionnaire est présenté par son auteur principal dans une introduction brève (une dizaine de pages), écrite sur un ton personnel, agréable, soucieux d'être facile d'abord - un peu à l'anglo-saxonne. Il s'agit, dans le sillage revendiqué des Lieux de Mémoire, de dresser un bilan de la production française et francophone d'histoire, à travers le prisme biographique : aider à la compréhension des liens entre un discours sur l'histoire et l'histoire de son auteur, son expérience, sa formation, son milieu social et intellectuel, ses convictions religieuses, son engagement politique, telle doit être la fonction de chaque notice.

L'ambition de cette démarche nécessitait de fixer des limites, établir des contraintes, dessiner des lignes de force. En premier lieu, afin «d'éviter le double écueil de l'hagiographie et du règlement de comptes», il a été décidé de ne publier que des notices consacrées à des historiens défunts – jusqu'à Bruno Neveu, décédé l'été dernier, et qui participa au présent dictionnaire.

Ensuite, car une sélection était nécessaire (371 notices biographiques au total), deux critères ont été privilégiés: «l'importance d'une oeuvre (...) qui s'impose à ses contemporains par l'ambition de son projet, l'originalité de sa démarche...», et le «rayonnement national et internationnal de travaux dont l'influence se traduit par l'ampleur des tirages de ventes, le nombre élevé de rééditions et de traductions...» (p. xviii). Amalvi et son équipe se sont efforcés de respecter des équilibres, d'une part entre les différents profils institutionnels (universitaires, conservateurs chartistes, érudits, historiens amateurs, etc), d'autre part entre les époques, soit de production historienne (ici, il convient de rendre compte d'un «temps long» de l'écriture de l'histoire – ce qui fait qu'il en ressort comme une impression originale de prosopographie dans le temps) soit comme objets d'études (là, le découpage traditionnel en quatre périodes, hérité du début du XIXe siècle a servi de cadre).

L'auteur reconnait la regrettable sous-représentation des femmes dans les notices, mais celle-ci reflète une vérité historique : la sous-représentation, jusqu'à une date récente, des plumes féminines dans la production du discours historique, hormi comme mémorialistes ou auteurs pour enfants - groupes exclus du présent ouvrage, les premiers car ils sont plutôt des «témoins privilégiés, qui laissent un matériau brut (souvent superbe sur le plan littéraire) sur l'époque dont ils furent les contemporains» (p.xx), les seconds car l'auteur leur a consacré un Répertoire des auteurs de manuels scolaires (chez le même éditeur).
Enfin, «pour sortir des stériles affrontements de mémoire franco-français, le chantier du Dictionnaire a délibérément mis le cap sur le grand large de la francophonie» (p.xxiii). On trouvera donc des notices consacrées à des historiens belges, suisses, québecquois, bien sûr, mais aussi à des historiens francophones d'Europe centrale et orientale.

Amalvi a réuni 71 historiens, issus notamment de l'université de Montpellier III, autour de son projet. L'ordre de grandeur des notices s'échelonne approximativement entre 2000 signes pour les plus courtes ("Henri Martin", p.211) et 10 000 pour les plus longues ("Fernand Braudel", p.37).
Le Dictionnaire proprement dit est suivi d'une liste en forme de "répartition chronologique des historiens...", d'une "bibliographie générale", et d'un index non raisonné des auteurs cités dans le corps du texte.

Si une cinquantaine de notices consacrées à des ressortissants médiévaux et d'Ancien Régime permettent d'éviter l'illusion chronocentrique, il reste que les Eginhard, Froissard, Mézeray et autre Mably font quantitativement pâle figure devant les 187 historiens réunis, en annexe, sous l'appelation de «professionnels de l'histoire (...) 1848 – 2004». Mais pouvait-il en être autrement, et convient-il de s'en plaindre ? Le principal intérêt de cet ouvrage ne reste-t-il pas, associé, par exemple, à un Dictionnaire des intellectuels français (souvent cité en notes), de fournir aux lecteurs, en particulier étudiants, des informations sur les auteurs des grands classiques des deux ou trois générations précédentes ?

Plus regrettable, peut-être, est la faiblesse de l'apparat. En annexe, d'abord: plutôt que des listes un peu frustes de noms "répartis" en quelques groupes, on eût aimé un tableau synoptique exprimant pour chaque historien sa période, ses objets d'étude, son genre historique, éventuellement le ou les courants auxquels il pourrait être rattaché etc. Mais surtout, on eût aimé plus de place pour les notes bibliographiques fournies à la fin de chaque notice avec, en particulier, une liste des oeuvres du concerné ; et, pourquoi pas, des renvois vers d'autres notices. Pour que, une fois n'est pas coutûme, au lieu de nager, en bon étudiant ou chercheur, dans l'histoire, on nageât parmi les historiens.

Ces réserves faites, il demeure que ce livre (dont il faut souligner, en comparaison d'autres "grands" dictionnaires célèbres, le prix abordable) est un excellent outil de travail, et, du fait de la longueur ni trop courte, ni excessive des notices, un agréable instrument de culture générale.
L'introduction nous apprend que cet ouvrage est né d'un projet antérieur de plusieurs années, plus large, de confrontation de notices biographiques avec des rubriques thématiques consacrées aux mouvements, écoles, institutions etc. Le présent Dictionnaire étant la réalisation partielle du premier aspect de ce projet, reste à espérer que le second trouvera à se concrétiser dans un autre volume.


David-Jonathan Benrubi
( Mis en ligne le 07/12/2004 )
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