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Histoire & Sciences sociales  ->  Historiographie  
 

Anthologie grecque
Louis Robert   Choix d'écrits
Les Belles Lettres - Histoire 2007 /  85 € - 556.75 ffr. / 799 pages
ISBN : 978-2-251-38083-4
FORMAT : 17,0cm x 24,5cm

L'auteur du compte rendu : Sébastien Dalmon, diplômé de l’I.E.P. de Toulouse, est titulaire d’une maîtrise en histoire ancienne et d’un DEA de Sciences des Religions (EPHE). Ancien élève de l’Institut Régional d’Administration de Bastia et ancien professeur d’histoire-géographie, il est actuellement conservateur à la Bibliothèque Interuniversitaire Cujas à Paris. Il est engagé dans un travail de thèse en histoire sur les cultes et représentations des Nymphes en Grèce ancienne.
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Suivant une heureuse suggestion de Pierre Vidal-Naquet, les éditions des Belles Lettres ont pris l’initiative de publier un choix significatif des écrits de Louis Robert (1904-1985), historien de réputation internationale dans le domaine de l’Antiquité. La composition de ce recueil a été établie par Denis Rousset avec la collaboration de Philippe Gauthier (qui présente l’ouvrage) et Ivana Savalli-Lestrade. Il s’agissait de proposer un choix qui puisse illustrer à la fois la diversité des sources exploitées, des sujets, des régions et des périodes étudiées par le maître disparu, ainsi que la rigueur de sa méthode, la nouveauté et la solidité des conclusions présentées au terme de chaque enquête.

Originaire du Limousin, élève à la Sorbonne de Maurice Holleaux, Louis Robert fut admis à l’Ecole Normale Supérieure en 1924. A partir de 1927, nommé membre de l’Ecole Française d’Athènes, il songea moins à participer aux fouilles qu’à copier les inscriptions et à découvrir ou redécouvrir à pied le territoire des cités antiques. Il fut ensuite Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (1933-1974), et professeur au Collège de France (1939-1974). Son nom est d’abord associé à l’épigraphie grecque, parce qu’il fut un maître dans l’édition et l’interprétation des inscriptions grecques. Mais il maîtrisait toutes les sources relatives à l’hellénisme antique et byzantin. Il contribua, plus que tout autre, à montrer qu’elles ne pouvaient être interprétées que par leur constante confrontation : inscriptions, textes littéraires, récits de voyageurs, monnaies, papyrus, reliefs figurés, vestiges archéologies, etc… doivent toujours être replacés dans le contexte historique et géographique qui les a produits. L’un des plus grands mérites de Louis Robert fut de montrer combien l’hellénisme et la vie civique qui en était indissociable s’épanouirent à l’époque hellénistique et demeurèrent vivants dans l’Empire romain («La cité grecque n’est pas morte à Chéronée, ni sous Alexandre, ni dans le cours de toute l’époque hellénistique», p.603). Son érudition tirait sa source d’immenses lectures, elles-mêmes provoquées et renouvelées par une inlassable curiosité. Avec son épouse (et collaboratrice) Jeanne, il mena une vie intellectuelle proche de celle des grands érudits du XIXe siècle. Pendant nombre d’années, de juin à la mi-août, leur temps était occupé par la composition du Bulletin épigraphique destiné à la Revue des études grecques. Ils consacraient ensuite la fin de l’été et l’automne à des voyages d’études, des fouilles ou des explorations en Turquie. Louis Robert reprenait ensuite son enseignement à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, puis au Collège de France.

Cette vie de labeur explique la bibliographie imposante de ses écrits, proposée au début de l’ouvrage. La liste chronologique (473 publications entre 1924 et 1996) est suivie d’une liste classée par revues, actes de congrès et mélanges, qui permet de retrouver facilement un article dont on a oublié la date. N’ont pas été signalés les livraisons annuelles du Bulletin épigraphique, ainsi que les rapports résumés et les présentations de livres et d’articles dans les Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions.

La première partie du recueil regroupe cinq exposés de méthode, portant sur l’épigraphie, mais aussi sur l’onomastique. La deuxième partie s’intéresse aux athlètes et concours, à travers, notamment, une étude des épigrammes satiriques de Lucillius sur les athlètes, et une autre sur les concours grecs des Neroneia et des Capitolia à Rome. La troisième partie, «institutions et rites», regroupe quatre études, respectivement sur les inscriptions du dème d’Acharnai, sur les juges étrangers dans la cité grecque, sur les malédictions funéraires et sur les amulettes grecques. La quatrième partie a une thématique plus géographique, s’intéressant aux parties orientales du monde grec, de l’Asie Mineure à la Bactriane. Sont ainsi successivement analysées la persistance de la toponymie antique dans l’Anatolie, les inscriptions de Théangéla en Carie, une inscription de Délos sur un proxène originaire d’Antioche de Carie, les conquêtes du dynaste lydien Arbinas, une épigramme hellénistique de Lycie et des inscriptions grecques de Bactriane. Enfin, la cinquième et dernière partie du recueil porte sur les relations entre les cités, les rois et les Romains. Sont exposés cinq études sur un décret d’Ilion et sur un papyrus concernant des cultes royaux, sur l’évergète Théophane de Mytilène (un ami de Pompée), sur les inscriptions d’Aphrodisias de Carie en rapport avec C. Julius Zoïlos, sur des monnaies grecques de l’époque impériale (à Hypaipa de Lydie, à Sardes en lien avec le culte d’Elagabal), et enfin sur la titulature des cités de Nicée et de Nicomédie à l’époque impériale.

Ces vingt-quatre articles ou contributions sont pourvus de compléments bibliographiques qui aideront le lecteur à retrouver tel sujet ou tel thème dans le reste de l’œuvre de Louis Robert. Deux index (sources anciennes et index général regroupant noms propres et notions) faciliteront également la recherche. Cet aperçu d’une œuvre immense, qui mène le lecteur de l’époque classique au IVe siècle de notre ère, de Rome à la Bactriane en passant par la Grèce et l’Asie Mineure, illustre les apports du grand savant dans des domaines très variés. Cela permet de comprendre pourquoi de nombreux hellénistes et historiens français ou étrangers ont reconnu et reconnaissent encore aujourd’hui leur dette envers ce grand antiquisant, qui ne fut jamais avare de ses conseils et de sa science.


Sébastien Dalmon
( Mis en ligne le 12/03/2008 )
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