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La ''stratégie de la dérobade''
Benoit Klein   ''J'accepte de répondre'' - Les interrogatoires avant le procès
André Versaille - Histoire 2011 /  22,90 € - 150 ffr. / 235 pages
ISBN : 978-2-87495-143-5
FORMAT : 15,6cm x 24cm

Marc Ferro (Préfacier)
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Se faisant prophétique, de Gaulle déclara en 1941 à ceux qui espéraient profiter de l’occupation pour abaisser la France «que l’ennemi est l’ennemi. Quand l’Allemand est à Paris, à Bordeaux, à Lille, à Reims, à Strasbourg, quand l’Allemand et l’Italien prétendent dicter leur loi à la nation française, il n’y a rien à faire que de combattre… Nous proclamons, continuait-il, que si l’armée française a perdu une grande bataille, elle n’a pas perdu la guerre. Car cette guerre est une guerre mondiale. Si l’ennemi a pu d’abord remporter des victoires, il n’a pas gagné et il le sait bien. Déjà de durs revers le frappent. Et dans le monde entier des forces immenses se lèvent pour l’écraser».

La victoire et le rétablissement du rang de la France étaient très clairement le leitmotiv du général de Gaulle. Son attitude ô combien combative tranchait très nettement avec celle du maréchal Pétain. La fable du bouclier incarné par Philippe Pétain en France et de l’épée qu’aurait été Charles de Gaulle depuis Londres n’ayant pas résisté à l’examen des faits, la Libération a été suivie du procès du maréchal qui avait été si prompt à troquer l’honneur du pays contre l’armistice. Au cours de l’instruction du procès, le maréchal fut interrogé à dix reprises. Ce sont les procès-verbaux de ces interrogatoires ainsi que ceux de son audition à l’Ile d’Yeu que les éditions André Versaille publient dans l’ouvrage ''J’accepte de répondre''.

Si seuls quelques extraits de ces interrogatoires nous étaient parvenus, ils sont désormais complets, comme l’observe l’historien Marc Ferro au cours de la préface de cet ouvrage. Le principal intérêt de ces documents est de mettre en lumière la personnalité retorse de Philippe Pétain. En effet, précise le préfacier, «le maréchal cherche essentiellement à se défiler : tantôt il ne se souvient pas, tantôt il se rappelle très bien. Il finasse, il transforme, bref il joue avec sa mémoire. Même s’il faut garder à l’esprit les circonstances et la fatigue, ces jeux ne sont jamais totalement innocents». Souvent, Pétain s’exonère de toute responsabilité. N’assumant pas la politique qu’il mena pendant la Deuxième Guerre mondiale, il se décharge sur les autres. Pis, le calcul parait omniprésent.

Dans cet ouvrage, de très nombreux thèmes sont abordés. C’est notamment le cas de la persécution des Juifs, à propos de laquelle Pétain n’hésite pas à déclarer qu’il a «toujours, et de la façon la plus véhémente, défendu les Juifs». Très péremptoire, l’assertion du maréchal n’est pas exacte, loin s’en faut. Dans son affirmation, écrit à cet égard Marc Ferro, «il y a une petite part de vérité et un gros mensonge». Certes Philippe Pétain s’est opposé au port de l’étoile jaune dans la zone Sud, mais après novembre 1942 il n’a rien eu contre la mention «Juif» sur les cartes d’identité des habitants de la zone dite «libre». Comme le rappelle M. Ferro, «nous savons aussi qu’il est à l’origine des lois antijuives d’octobre 1940 (ce que les Allemands n’avaient pas demandé) et qu’il en a durci le texte lorsqu’on le lui a présenté».

Les interrogatoires rendent également compte des multiples mensonges du maréchal, qui se prétendit même «résistant» ! S’agissant du remerciement de Laval en décembre 1940, la raison de cette décision ne résidait pas dans la prétendue volonté de Philippe Pétain de freiner le collaborationnisme de son dauphin si ambitieux et dépourvu de tout scrupule. Il s’agissait plutôt d’entraver la montée en puissance politique de ce dernier et d’écarter cet obstacle à une bonne collaboration avec l’Allemagne nazie, comme il l’indiqua dans un courrier destiné à Hitler.

Les procès-verbaux de ces interrogatoires mettent ainsi crûment en lumière «la politique purement opportuniste» du maréchal ainsi que sa «stratégie de la dérobade».


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 20/09/2011 )
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