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Une ville malienne
Samba Lamine Traoré   La Saga de la ville historique de Ségou
L'Harmattan 2012 /  51 € - 334.05 ffr. / 560 pages
ISBN : 978-2-296-55902-6
FORMAT : 15,5 cm × 24,0 cm

L'auteur du compte rendu : Docteur en sociologie, diplômé de l’Institut d'Études politiques de Paris, actuellement chercheur associé au laboratoire Cultures et Sociétés en Europe (Université de Strasbourg), Christophe Colera est l'auteur, entre autre, de La Nudité, pratiques et significations (Éditions du Cygne) et Individualité et subjectivité chez Nietzsche (L’Harmattan).
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La ville de Ségou, à 240 km de Bamako, 130 000 habitants, est riche d'une histoire de plus de trois siècles. Centre religieux sous l'impulsion d'un prédicateur arabe originaire de Tunisie, Marouf Kalakïou, la ville devint en 1712 la capitale d'un royaume créé par Mamari dit Biton Coulibaly dont l'autorité s'étendait jusqu'à Tombouctou. Conquise par Omar Tall, réformateur religieux, fondateur de l'empire Toucouleur en 1861, qui en fait sa capitale, elle passe en 1890 sous tutelle administrative française.

Samba Lamine Traore, ancien directeur général de l'Office du Niger à Ségou après l'indépendance de la jeune République du Mali, et grand militant panafricaniste, décédé en 2003, s'est fait le chroniqueur scrupuleux de la cité royale, une œuvre qui était pour lui un acte politique à la fois de restauration collective de la mémoire face à l'amnésie coloniale, et de définition d'un socle identitaire commun comme base d'un avenir malien et africain par-delà les rivalités ethniques.

L'histoire locale, telle qu'elle est envisagée ici et telle qu'elle devrait toujours l'être, est un moyen précieux, peut-être le meilleur, de montrer le fonctionnement concret d'un système socio-politique, son impact quotidien sur les formes d'une ville, ses paysages, le mode de vie de ses habitants. A travers l'étude de SL Traoré, on apprend mille détails aussi instructifs que divertissants : que c'est le vicaire apostolique du Soudan, un certain monseigneur Lemaître, basé à Ségou, qui introduisit le premier une motocyclette dans l'immense pays qu'il sillonnait en remorquant derrière lui le vicaire général équipé, lui, d'une simple bicyclette ; que Ségou s'était dotée de beaux squares ornés d'orgueils de Chine, à l'initiative de l'administrateur en chef Alexandre de la Rocca ; ou encore qu'un centre expérimental des carburants végétaux y a vu le jour en 1935, précurseur des applications récentes en vue de remplacer le pétrole. Le livre montre au fil des mois le fonctionnement de l'administration coloniale, mais aussi la montée en puissance dans les années 1950 des associations et syndicats indépendantistes.

SL Traoré, qui n'omet aucune des visites de dignitaires français à Ségou à l"époque coloniale, détaille ainsi celles des Russes, des Chinois et des Nord-coréens dans les années 60, ainsi que des chefs d’États africains nouvellement affranchis de la tutelle française, ressuscitant le souvenir du Mali non-aligné de Modibo Keïta. Le livre, dont la rédaction s'achève au début des années 1980 sous la dictature militaire, se termine sur une certaine nostalgie pour les ambitions que la France avait nourries en vue de faire de Ségou une ville-phare de l'Afrique occidentale française (sans doute un peu au détriment de Bamako), et se présente comme une invitation lancée à la nouvelle génération de ségoviens (les habitants de Ségou) de prendre conscience du passé de leur ville, pour en faire le terreau de projets nouveaux pour son développement et son rayonnement. Un message qui garde sans doute toute son actualité, à l'heure où le Mali doit faire face à de terribles dangers liés à la déstabilisation économique et militaire du Sahel.


Christophe Colera
( Mis en ligne le 05/03/2013 )
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