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Le côté sombre de l’Empire
Nick Turse   Les Nouvelles armes de l’empire américain
La Découverte 2014 /  12.90 € - 84.5 ffr. / 152 pages
ISBN : 978-2-7071-7872-5
FORMAT : 12,7 cm × 19,3 cm

Pauline Boyer (Traducteur)

L'auteur du compte rendu : Gilles Ferragu est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris X – Nanterre et à l’IEP de Paris.

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Concernant les Etats-Unis et les questions militaires, il y a ce que l’on sait et ce que l’on croit savoir… Ce que l’on sait, c’est que l’Amérique a, depuis 2001 et ses divers engagements militaires aux proche et au moyen Orientx, évolué. La conception qu’elle se fait de son rôle dans les relations internationales est devenue l’objet d’un débat, au moins national, compliqué par la crise économique. Intervenir, oui, mais comment, dans quel cadre et avec quels moyens ? Ce que l’on croit savoir, c’est ce qui fuite via les médias, les révélations diverses des lanceurs d’alerte tels Edward Snowden : si Washington affecte de se désengager, de proposer, avec Obama, une politique plus mesurée, plus légère et qui favoriserait une coopération internationale, dans les faits, les écoutes, les drones et autres activités de cyber-guerre montrent qu’il ne s’agit sans doute que d’un changement d’échelle, non de paradigme. L’Amérique reste l’Amérique, elle le fait simplement avec des technologies plus furtives et des opérations moins voyantes.

Tout cela, on le sait, mais le détail nous échappe et au final, l’action militaire américaine demeure largement insaisissable, si ce n’est lors de crises manifestes comme l’opération contre Oussama ben Laden. Et tout l’intérêt du (trop court) ouvrage de Nick Turse, journaliste sur TomDispatch.com, c’est justement de reprendre, par le détail, le dossier du politico-militaire aux Etats-Unis, et d’en proposer une interprétation globale : avec cette dizaine d’articles tirés de TomDispatch, le lecteur francophone découvre tout à la fois quelques détails et la logique qui sous-tend l’évolution actuelle de l’action secrète américaine.

Tout commence au Pentagone, lancé depuis 2001 dans une Révolution, celle des affaires militaires, une révolution en partie égarée en Irak et en Afghanistan, mais qui accouche d’une idée forte : alléger l’effort militaire, s’en remettre à la technologie et interarmiser… Le résultat se lit aujourd’hui, à travers une multitude d’opérations discrètes au confluent du renseignement et de l’action militaire. Menées par une structure puissante au sein du Pentagone, le Socom, ces opérations manifestent, secrètement, l’omniprésence et les ambitions impériales américaines. En parallèle, l’usage croissant des drones confirme ce désengagement de masse au profit d’opérations plus restreintes, voire d’une «guerre par procuration» qui laisse à d’autres (Etats ou milices privées) le soin de mener un combat avec l’assentiment (et l’appui) américain. Ce changement n’est toutefois que tactique : l’appui récurrent à de nombreux régimes autoritaires du proche et du moyen Orients, et la politique de reconstruction, notamment en Afghanistan, sont autant de moyens de rester présent, de marquer un territoire ou du moins, une influence. La nouveauté réside plutôt dans un effort accru vers le continent africain, au risque, selon l’auteur, d’une déstabilisation encore plus importante des relations internationales, et d’un anti-américanisme de plus en plus radical… et périlleux.

La thèse de Nick Turse aboutit à une condamnation de la présidence Obama, dont les discours d’apaisement semblent plus cosmétiques qu’effectifs. L’ouvrage est donc clairement à charge, précis sans toutefois citer trop ses sources… Le thème de la guerre propre affleure, avec, en toile de fond, l’idée que cette transformation militaire ne change pas le fond de la politique extérieure américaine : Bush-Obama, même combat ?...

On lira donc avec plaisir ce petit ouvrage qui semble bien documenté (mais la question des sources demeure) et dans le ton du journalisme engagé américain. Une manière de donner un peu de densité à l’actualité et de pouvoir décrypter quelques marges de l’histoire contemporaine.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 22/04/2014 )
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