L'actualité du livre Samedi 13 avril 2024
  
 
     
Le Livre
Essais & documents  ->  
Questions de société et d'actualité
Politique
Biographies
People / Spectacles
Psychologie
Spiritualités
Pédagogie/Education
Poches
Divers

Notre équipe
Littérature
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Essais & documents  ->  Divers  
 

L'apatride du verbe
Yasmina Khadra   L'Imposture des mots
Julliard 2002 /  16.62 € - 108.86 ffr. / 180 pages
ISBN : 2260015948
Imprimer

"Marginalisé trente-six ans par une armée hostile à ma vocation de romancier, voici que mon Olympe de lumière me renie à cause de mon statut d'officier." Quand, en janvier 2001, l'écrivain algérien Yasmina Khadra (auteur notamment de Morituri et A quoi rêvent les loups ?) choisit de révéler sa véritable identité - Mohammed Moulessehoul, officier supérieur de l'armée algérienne -, il ne s'attendait pas à devoir se justifier sur son passé militaire. Après l'accueil chaleureux que lui réserve la France, la polémique enfle. C'est de cette très parisienne tempête médiatique, dont Khadra/Moulessehoul craint et refuse d'être l'otage, qu'il est question ici. En partie du moins.

Le talent (et il est grand) de Khadra consiste, partant d'une réalité événementielle, à développer une réflexion romanesque sur ce qu'est l'identité d'un écrivain dans le rapport ambivalent qu'il entretient avec les mots. Les scènes de la plus stricte réalité se mêlent ainsi à celles de l'imaginaire le plus débridé. Comme un théâtre dans le théâtre – celui d'un metteur en scène qui serait pris de vitesse par sa propre création -, Khadra est interpellé par ses propres personnages qui entendent bien pousser l'écrivain dans ses derniers retranchements. Pourquoi cet "apatride du verbe" est-il venu chercher une vaine reconnaissance dans cette ville qui n'a plus de lumière que le nom ? Comment peut-il croire à la légitimité de la littérature au lieu d'y voir l'expression d'un rêve d'enfant ?

Yasmina Khadra, tel qu'il se met lui-même en scène dans son livre, est cet homme qui apprend à connaître le jeu de faux-semblants qu'est la représentation mondaine. D'une lucidité implacable sur le drame de l'Algérie - minée par "la guerre crapulo-intégriste", "foncièrement politico-financière" -, il est prêt à conclure à l'imposture de la littérature. Sauf, précisément, qu'ici le fond est contredit par la forme : n'est-ce pas ces êtres de papier, plutôt que les journalistes, qui posent les vraies questions, et la fiction qui, in fine, reprend les choses en main ?


Thomas Regnier
( Mis en ligne le 08/01/2002 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2024
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd