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L’unité de la psychologie
Jean-Marie Besse   Des psychologues à l'école ?
RETZ 2005 /  18.60 € - 121.83 ffr. / 280 pages
ISBN : 2-7256-2310-3
FORMAT : 15,5cm x 21,5cm

L'auteur du compte rendu: titulaire d’une maîtrise de Psychologie Sociale (Paris X-Nanterre), Mathilde Rembert est conseillère d’Orientation-Psychologue de l’Education Nationale.
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Je voudrais que les profs n’aient aucun complexe par rapport aux psys : ceux-ci passeront, les profs, eux, resteront». Les membres de l’Education Nationale que sont les psychologues scolaires du primaire et les conseillers d’orientation-psychologues du secondaire ont sans doute apprécié cette tirade de Philippe Meirieu dans Le Monde de L’éducation de septembre 2005. Condamnant la psychologisation ambiante (qu’il nomme «bazar» ou «vulgate» psychologique), l’auteur semble ne reconnaître l’intérêt de la psychologie que dans le champ de la santé mentale («non que je nie l’importance d’un vrai travail auprès des personnes en souffrance psychique», précise-t-il). Il ignore donc superbement la psychologie de l’éducation. On ne saurait que trop lui conseiller la lecture de Des psychologues à l’école ?, ouvrage collectif rassemblant les contributions de sept auteurs psychologues scolaires sous la houlette de Jean-Marie Besse, professeur des universités en psychologie cognitive à l’université de Lyon II.

Créée après la Seconde Guerre mondiale autour des travaux de Binet, Wallon et Zazzo, la psychologie scolaire est définie par une circulaire en date du 10 avril 1990. Le psychologue scolaire agit en faveur des élèves en difficulté par l’examen clinique et psychométrique, l’observation et le suivi des élèves. Il participe à l’organisation, au fonctionnement et à la vie des écoles en prenant part au projet pédagogique et en faisant le lien avec des partenaires extérieurs. De plus, il a des activités d’étude et de formation. Le psychologue scolaire travaille au sein d’un RASED (Réseau d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) avec des enseignants spécialisés dans l’aide pédagogique et la rééducation.

Des ambiguïtés émaillent le statut de psychologue scolaire. Depuis la réglementation de 1985 sur la profession de psychologue, le niveau bac plus cinq est requis pour exercer la psychologie. Or les psychologues scolaires sont d’anciens enseignants qui suivent une formation d’un an seulement en psychologie scolaire. Les IUFM recrutant peu de titulaires de licences de psychologie, leur préférant des étudiants de disciplines que l’on enseigne aux enfants (mathématiques, lettres, histoire…), le vivier de futurs psychologues scolaires se tarit et de nombreux postes restent vacants faute de personnel. On embauche alors d’anciens enseignants qui ont par ailleurs un master en psychologie, pas nécessairement scolaire... Les psychologues scolaires sont officiellement considérés comme enseignants spécialisés et non comme psychologues. Un décret du 17 mars 93 a précisé que les titulaires du diplôme d’état de psychologue scolaire ne pouvaient faire usage du titre de psychologue qu’assorti de «scolaire», ce qui a été contredit par une décision du conseil d’Etat du 22 février 95.

Sollicité lorsqu’un élève présente des troubles de la cognition et/ou du comportement, le psychologue scolaire trouve sa place dans une parole et une écoute qui s’ouvrent aux mouvements inconscients des protagonistes de l’institution scolaire, pour que ceux-ci se déplacent et s’agencent de la façon la moins symptomatique possible pour chaque sujet. Les difficultés scolaires peuvent en effet avoir valeur de symptôme : l’enfant ne sait pas ou plus où il en est dans son désir de grandir, il exprime le fait que quelque chose est douloureux pour lui dans son développement. Le symptôme gêne le sujet qui en est porteur, mais il le protège aussi de la souffrance, cachée, qui en est à l’origine. Si l’institution demande au psychologue de faire disparaître le symptôme, celui-ci doit avant tout en découvrir le sens.

On l’aura compris : le ton de cet ouvrage est globalement psychanalytique, mais il laisse aussi une place à d’autres courants comme la psychologie écologique ou cognitive. Loin des querelles de clochers (voir les controverses actuelles entre tenants des approches psychanalytique et cognitiviste !), Des psychologues à l’école ? ouvre sur la création d’une véritable psychologie de l’éducation, qui fait appel à la psychologie du développement, pathologique, cognitive et sociale. L’objet de la psychologie de l’éducation est d’étudier chez des sujets insérés ou non dans un cadre de formation institutionnelle (cela peut donc être l’école mais aussi la famille) les conduites d’appropriation de certains objets valorisés par le groupe social : des savoirs et savoir-faire, des comportements jugés souhaitables par le groupe et des valeurs que notre culture érige en finalité.

Jean-Marie Besse et ses collègues appellent donc à repenser l’unité de la psychologie (titre d’un ouvrage de Daniel Lagache datant de 1949) avec l’aide du code de déontologie des psychologues signé en 1996, par la SFP, l’AEPU et l’ANOP. Ce code de déontologie est utilement reproduit à la fin de l’ouvrage. On regrette que les auteurs n’aient pas pris la peine de décliner ces sigles : le lecteur ne sait pas nécessairement que la SFP est la Société Française de Psychologie, que l’AEPU est l’Association des Enseignants de Psychologie des Universités, et que l’ANOP est l’Association Nationale des Organisations de Psychologues ! Quoiqu’il en soit, cet ouvrage stimulant intéressera les psychologues de l’éducation mais aussi les étudiants et les enseignants qui ont déjà des connaissances affirmées en psychologie.


Mathilde Rembert
( Mis en ligne le 01/11/2005 )
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