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Canal : historique
Jacques Buob   Pascal Mérigeau   L'Aventure vraie de Canal +
Fayard 2001 /  21.83 € - 142.99 ffr. / 460 pages
ISBN : 3512795
FORMAT : 154x240

à lire également :
Valérie Lecasble, Le Roman de Canal +, Grasset (340 p., 125,60 FF / 19,15 euros, ISBN: 2246619319)

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Sur le papier, pas de doute, l'histoire de Canal +, première chaîne cryptée française lancée fin 1984 qui allait devenir, seize ans plus tard, une composante active du deuxième groupe de communication et de divertissement mondial, est une success story. Pourtant, dès qu'on examine d'un peu plus près le dossier, l'affaire se complique. Car, par bien des aspects, l'évolution de Canal + relève davantage de la marche au supplice que du cortège triomphal.

Deux ouvrages sortis simultanément, La Vraie Aventure de Canal + (Jacques Buob et Pascal Mérigeau, Fayard) et Le Roman de Canal + (Valérie Lecasble, Grasset), font pour la première fois le point sur cette aventure télévisuelle hors du commun. Par la personnalité de ses fondateurs, tout d'abord : entre André Rousselet, ami et serviteur fidèle de François Mitterrand, grand patron aux allures aristocratiques et aux manières autoritaires, et Pierre Lescure, fils de militants communistes, fou de l'American way of life et "glandeur" autoproclamé, le courant ne doit pas passer. Il passe, pourtant : les deux hommes se respectent, s'estiment, s'admirent, tissent une relation de père à fils. Hors du commun, Canal l'est aussi dans sa définition même : télé à péage annoncée comme positionnée "à gauche", elle semble pourtant réservée à quelques privilégiés prêts à payer pour voir ce que le service public ne leur propose pas - du cinéma "frais" et du football à haute dose. Contre toute attente, les sondages effectués après quelques mois montrent qu'au lieu des cadres supérieurs attendus, la majorité des téléspectateurs est constituée d'ouvriers, d'employés et de cadres moyens...

Passée l'angoisse d'une première année calamiteuse (décodeurs en panne, piratages en tout genre, oppositions politiques de Fabius à Hersant) dont l'équipe sort sonnée mais soudée, le succès est enfin au rendez-vous. Les dix ans qui suivent voient Canal + distancer la concurrence de plusieurs longueurs, afficher une réussite insolente dans tout ce qu'elle entreprend, forger un "esprit" unique fait d'irrévérence, de créativité débridée et d'arrogance, dont l'émission "Nulle part ailleurs" offre une parfaite synthèse. L'argent coule à flots, les salaires flambent et, avec eux, le coût des retransmissions sportives. La "télé de potes" imaginée par quelques passionnés devient l'entreprise la plus rentable de France. Et suscite des convoitises...

Victime de luttes de pouvoirs et d'influences, André Rousselet démissionne et laisse son dauphin prendre seul la direction du navire. Mais Lescure met un an à endosser le costume de patron - un laps de temps qu'un certain Jean-Marie Messier met à profit pour placer ses pions et s'assurer, au fil des ans, une emprise grandissante au sein du pôle Havas-Générale des Eaux/Vivendi-Canal +. A l'automne 2001, Canal a tourné la page la plus douloureuse de son histoire. Les vedettes de la chaîne et les collaborateurs historiques ont été remerciés sans ménagement et le tandem Lescure-Messier s'est offert Hollywood. A moins que la World Company tournée en dérision par les Guignols n'ait broyée à son insu cette télé qui se voulait à tout prix "pas comme les autres" ?

Buob et Mérigeau ont privilégié la dimension humaine de "l'aventure de Canal +". Ils mettent en avant la violence croissante des rapports entre ses acteurs, leur façon répétée de "tuer le père" et de conclure des pactes faustiens, jusqu'à la confusion finale. Pierre Lescure n'en sort pas grandi mais, curieusement, c'est avec Valérie Lecasble que ce dernier s'est brouillé. Pour elle, l'histoire de Canal est avant tout une affaire de chiffres, de participations, de pactes d'actionnaires et de fusions. Son essai est celui d'une spécialiste de la vie économique, pas d'une téléspectatrice. Des deux livres, c'est bien le premier qui mérite l'appellation de "roman".


Pierre Brévignon
( Mis en ligne le 22/10/2001 )
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