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Traité de tolérance
Fouad Laroui   Chroniques de l'autre rive
Julliard 2019 /  20 € - 131 ffr. / 368 pages
ISBN : 978-2-260-05428-3
FORMAT : 13,2 cm × 20,6 cm
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Né au Maroc d’un père facteur, Fouad Laroui, mathématicien, ingénieur des Ponts et Chaussées, docteur en sciences économiques, polyglotte, enseigne à l’université d’Amsterdam la poésie et la philosophie des sciences après avoir été professeur à Cambridge : un esprit rare et surdoué. Il a reçu plusieurs prix littéraires en France.

Il nous fait le plaisir de réunir ici en un recueil de courtes chroniques hebdomadaires qu’il a écrites pour le journal Jeune Afrique et sur le site 360.m (Maroc), entre mars 2016 et décembre 2018. Il commente l’actualité mondiale avec pour fil conducteur l'idée que toutes les cultures ont beaucoup en commun quelle que soit la rive de la Méditerranée. Les hommes se ressemblent et méritent la plus grande tolérance, comme disait Voltaire au XVIIIe siècle ; tout fanatisme, religieux ou politique, est néfaste. Cette tolérance demande une grandeur d’esprit et une compréhension mutuelle qui font défaut à beaucoup d’humains. On pense aussi à Montesquieu, contemporain de Voltaire, qui dans ces Lettres Persanes proposait une satire des mœurs françaises.

Fouad Laroui démontre notre erreur de jugement ; seuls le contexte, la culture et l’éducation peuvent changer les hommes d’un pays donné. La différence est infime et souvent ridicule. C’est un commentateur passionné et érudit de notre temps, et des sujets les plus éclectiques.

Aux Pays-Bas, qui ont une solide tradition calviniste, les professeurs de mathématiques, rares, reçoivent des primes d’engagement pour enseigner dans les lycées et collèges car le pays ne veut pas abaisser le niveau des examens... comme dans beaucoup de pays européens où la médiocrité règne. Les demandeurs d’asile qui ont une licence de mathématiques passent devant tout le monde et c’est une chance pour les étudiants maghrébins qui empochent la prime. Le même phénomène a lieu en médecine en France. Fouad Laroui trouve cette rétribution normale car «cela fait des décennies qu’on assiste sans s’étonner aux transferts de footballeurs niais, incultes quasi analphabètes pour des sommes où le million de dollars est l’unité de compte. Il était temps que le travail, le talent et l’intelligence fussent récompensés».

L’auteur revendique avec vigueur l’origine et la propriété du Petit Prince, ainsi révolté par l’existence au Japon d’un musée qui lui est consacré. Hérésie ! Le chef-d’œuvre de Saint-Exupéry est le livre le plus traduit après la Bible ; c’est un trésor national marocain comme le couscous ! Le seul endroit digne d'un musée est Tarfaya, ville côtière de l’Atlantique, au sud du Maroc, où le célèbre aviateur faisait escale régulièrement lors de ses vols pour l’Aéropostale. Là, il écrivit Courrier du Sud puis son chef-d’œuvre philosophique. La rose orgueilleuse était en fait une rose des sables que l’aviateur ramassa dans le désert ; le renard, un fennec apprivoisé par le Petit Prince, et rencontré entre Tarfaya et Sidi Ifni. Le célèbre «On ne voit bien qu’avec le cœur» est un classique du soufisme, que Saint-Exupéry a dû entendre dans la rue. «Et si un jour Airbus était tenté par la délocalisation, les autorités de Tarfaya disposeraient d’un solide dossier à condition de baptiser l’aéroport Saint-Exupéry».

Tous les billets du recueil sont brillants, ironiques, et humoristiques malgré une logique implacable. L’auteur affronte le Brexit, Machiavel, la prière et cite même Montaigne dans ses essais : «Chacun appelle barbare ce qui n’est pas conforme à ses usages». Pour Fouad Laroui, les plus barbares sont les aficionados et il demande instamment l’abolition de la corrida.

Le monde ressemble prend sous sa plume la forme d'un cercle vicieux interminable et incurable.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 09/12/2019 )
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