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Macron-économie
Jean-Loup Izambert & Claude Janvier   Le Virus et le président - Enquête sur l'une des plus grandes tromperies de l'Histoire
IS Edition 2020 /  20 € - 131 ffr. / 269 pages
ISBN : 978-2-36845-289-9
FORMAT : 15,2 cm × 22,9 cm

Pascal Trotta (Préface)
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Cet essai virulent sur la crise sanitaire due à la Covid-19, intitulé Le Virus et le président, ne risque pas de susciter un emballement médiatique. Fort malheureusement. Il est écrit par Claude Janvier, écrivain polémiste, auteur de trois livres, et intervenant sur Sud Radio et Agoravox, et Jean-Loup Izambert. Ce dernier est un journaliste iconoclaste. Diplômé de l’École des Hautes Études Internationales (HEI), de l'École des Hautes Études Sociales (HES) et de l’École supérieure de journalisme (ESJ), il fut un ancien collaborateur des Échos, de VSD, de L'Humanité, et du mensuel économique PME Affaires dont il est devenu le rédacteur en chef. Avec Le Krach des 40 banques (1998), il dénonça l’implication de banques européennes dans le krach boursier de la place de Genève en 1995. Il publia ensuite Le Crédit agricole hors la loi ? (2001), Crédit lyonnais, la mascarade (2003), ou encore Faut-il brûler l'ONU ? (2004). Dans Crimes sans châtiment (2013), Jean-Loup Izambert mettait en lumière les liaisons secrètes entre réseaux terroristes islamistes sunnites et services secrets d’États occidentaux. Puis avec 56 (2 tomes), il dénonçait les liens existant entre 56 dirigeants politiques ou hauts fonctionnaires français et des organisations criminelles et terroristes. Il expliquait ainsi comment ont été organisées l'agression militaire contre la Libye et la Syrie et les manipulations médiatiques des dirigeants occidentaux pour justifier cette guerre. La grande force de Jean-Loup Izambert est sa documentation et ses sources, déployées avec une rigueur remarquable. Par exemple, dans 56, il publiait des documents exclusifs notamment des «notices rouges» d'Interpol qu'il s'était procurées pour prouver ses allégations, dans la lignée d'un Pier Paolo Pasolini qui, déjà, dénonçait dans Écrits corsaires la collusion entre l’État et la CIA dans des attentats, avec ce qu’on a appelé la stratégie de la tension en Italie.

Dans la première partie du présent essai, Jean-Loup Izambert et Claude Janvier mettent en lumière la manipulation orchestrée par l’oligarchie libérale dans la gestion de la crise due à la Covid-19. Avec de nombreuses sources et notes, les auteurs réfutent l’ampleur de cette crise en comparant les décès de l’année précédente : «On constate donc une augmentation de 26 700 morts en 2020 toutes causes confondues. En conséquence, il ne peut donc y avoir en 2020 pour la même période «un nombre de décès associés à l'épidémie de COVID-19» se situant «entre 25 000 et 30 000 décès» ! Sauf, bien sûr, à ce que la population ne meure plus que de la Covid-19 !». Ils relatent que ce virus tue surtout les personnes âgées, les personnes obèses et ceux ou celles atteints de comorbidités ou de pathologies insoupçonnées. Mais surtout, ils s’étonnent, après avoir rappelé les antécédents dans les scandales médicaux, que le gouvernement n’ait pas diffusé des masques d’une façon massive, n’ait pas fait produire des tests en conséquences par de multiples ressources, ait refusé l'aide d'industriels pour produire des respirateurs, n’ait pas mobilisé les hôpitaux privés qui pouvaient accueillir des malades, n’ait pas non plus mobilisé de ressources financières pour la seule usine en France qui produisait de la chloroquine, etc.

De même, outre cette gestion de crise catastrophique, les auteurs démontent la panique médiatique suscitée par ce virus. De surcroît, à l’heure de la vaccination, il y a de quoi s’étonner de la trouvaille d’un vaccin alors que le CNRS rappelle qu’il faut des années d’observation pour avoir la preuve de son efficacité et de ses effets secondaires. Et cela est d’autant plus troublant que le gouvernement Macron a tout fait pour interdire l’Hydroxychloroquine, l’Azithromycine ou l’Ivermectine, beaucoup moins coûteux…

Jean-Loup Izambert et Claude Janvier élargissent leur enquête et le cercle de responsabilités avec le fait que, depuis les années 80-90, les hôpitaux publics ont été saccagés sous la contrainte de l'Union européenne, notamment en ayant recours aux banques pour obtenir des prêts avec intérêts. Le résultat a été éloquent : l'affaire Dexia et ses emprunts toxiques et le déficit quasi général des hôpitaux. La FHF (Fédération hospitalière de France) l'évalue à 1,5 milliard d'euros en 2017 : «Quand, depuis 2005, les établissements de santé, qu'ils soient publics ou privés, se sont vus imposer près de 9 milliards d'euros d'économie par les politiques gouvernementales successives en application des recommandations de la Commission européenne». Entre 1993 et 2018, 103 000 lits d’hôpitaux ont été supprimés par les différents dirigeants français. Plus de 4 000 lits hospitaliers ont été fermés en 2018 puis à nouveau 3 400 en 2019. Et si l’engorgement des hôpitaux a été réel, il n’est pas dû au virus car c’était déjà le cas les années précédentes. Selon les auteurs, on assiste aussi à une régression du nombre de médecins, à des fermetures de structures de soins, de maternités, de services d'urgence, une privatisation de secteurs entiers de la recherche, un étranglement financier des hôpitaux, une restriction de remboursements de médicaments, une augmentation des tarifs des assurances mutuelles... Le constat paraît clair : «Cette crise sanitaire dont le gouvernement est responsable n'est qu'un prétexte dont s'emparent le grand patronat et ses politiciens pour camoufler leurs responsabilités dans l'aggravation de la situation économique et accroître encore plus rapidement la désindustrialisation du pays».

Si l’État laisse à l’abandon le secteur de la santé, saccage des pans entiers de l’économie, les sociétés transnationales de l'indice boursier CAC40 profitent de plus de 200 milliards d'euros d'aides publiques directes et indirectes annuelles pour fermer les usines rentables, les délocaliser, jeter des millions de salariés au chômage sans oublier d'exporter une grande partie de leurs bénéfices et de leurs fortunes dans des places off shore. À cet égard, les deux auteurs ironisent envers ce qu’ils appellent les «écrasés», grands patrons, présidents exécutifs du CAC40, dirigeants de sociétés transnationales, de banques et de leur organisation patronale, le Medef, qui ne cessent de se plaindre des taxes et des charges alors qu’ils organisent l’évasion fiscale de leurs avoirs avec des complicités jusqu’aux plus hauts sommets de l’État.

La ruse de la ruse est que la «fameuse» dette publique «augmente à chaque fois qu'un déficit public est financé par l'emprunt». Alors que le déficit public (collectivités territoriales, Sécurité sociale et État) augmente, des milliards d'euros sont consacrés au remboursement des intérêts de la dette au secteur bancaire. «S'y ajoutent les milliards d'euros qui échappent à l'administration fiscale par l'évitement fiscal et la fraude et les charges que les dirigeants transfèrent du secteur privé à l'État : conséquences des privatisations, diminution de l'impôt des riches sociétés transnationales, exonérations de paiement des cotisations sociales», ajoutent les auteurs.

Le virus est donc une excuse commode alors que la crise est due à une gestion économique impitoyable : appropriation d'entreprises, déstabilisation financière, trucage des marchés par des opérations d'influence en amont des appels d'offres, corruption, entraves à l'activité financière et économique, sanctions financières et économiques, violations répétées du droit international, ingérences dans la vie politique et économique, chantages et menaces, le tout piloté par Washington et avalisé par l’Union européenne.

Les auteurs sont précis (avec un certain humour) et les chiffres donnent le vertige. L’essai est même assez technique parfois. Pour prendre un exemple, ils rappellent en s’appuyant sur les analyses de la Janus Henderson Investors, société spécialisée dans la gestion d'actifs mondiaux, que «les investisseurs sur le revenu ont, en 2019, perçu 694 milliards de dollars US de dividendes de plus qu’il y a dix ans. Les sociétés ont également, à travers le monde, versé à leurs actionnaires le montant impressionnant de 11 400 milliards de dollars US au cours des dix dernières années». Le résultat de cette politique est que la situation des Français ne s’est pas améliorée durant la décennie : renoncement au soin, guerres contre des peuples, privatisations, réduction du code du travail, désindustrialisation, suppressions d’emplois, réduction de l’espace public (santé, éducation, logement, recherche, etc.) au profit d’intérêts privés, augmentation des taxes, diminution de l’imposition des sociétés transnationales.

Dans la dernière partie, les auteurs élargissent encore le cercle des responsabilités dans cette politique en dressant le «Tableau de chasse des assassins financiers», c’est-à-dire ceux qui ont organisé la mise à sac de l'Afghanistan, le pillage des richesses de l’Irak, de la Yougoslavie, de la Libye et de la Syrie, le rançonnement de pays d’Amérique latine et d'Afrique, l'endettement financier de la Grèce, la captation de terres et d'entreprises en Ukraine et les opérations menées contre la plupart des pays d'Europe. Il y a selon eux une politique à l’œuvre dans cette dépossession des populations au profit d’une oligarchie financière transnationale.

L’essai est assez étourdissant par le sérieux et la rigueur de l’analyse tant il fourmille de renseignements et de documents. On se demande ce qui peut advenir si un jour les responsables sont mis en face de leurs méfaits. Le bruit le plus assourdissant qui risque de se faire entendre sera le retournement des vestes... et des masques. Après la tragédie, la farce ?...


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 18/01/2021 )
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