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Villas argentines et bandit au grand coeur…
Cristian Alarcón   Que ma mort soit une fête
Marchialy 2021 /  20 € - 131 ffr. / 186 pages
ISBN : 978-2-38134-009-8
FORMAT : 13,6 cm × 19,6 cm

Michèle Guillemont (Traduction)
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Si chacun connait les favelas brésiliennes et imagine leur quotidien dans ses grandes lignes, les villas, qui sont leur équivalent argentin, sont souvent ignorées. Crisitan Alarcón est un journaliste chilien, professeur à l’université nationale de la Plata en Argentine.

Que ma mort soit une fête est le récit d’une enquête de deux ans qu’il a menée dans une villa de la banlieue nord de Buenos Aires, près de la gare de San Fernando. Il s’en explique dans son prologue : «La vie et la mort de Victor Vital, comme celle des survivants de la troisième couronne de Buenos Aires - San Francisco, 25 de Mayo et La Esperanza - sont une incursion dans un territoire qui se montre d’abord hostile, méfiant comme un enfant battu qu’un inconnu approche».

Victor Vital, «El Frente», était une des grandes figures de ces bidonvilles à la fin du XXe siècle ; il n’avait que dix-sept ans mais déjà derrière lui une longue histoire de vols divers. Cependant, à la différence d’autres, El Frente redistribuait avec insouciance les biens mal acquis aux habitants de son quartier. Son plus bel exploit avait été d’intercepter un camion de produits laitiers qui avait permis à tout le quartier de goûter yaourts et autres douceurs qui leur étaient en général inaccessibles. Élevé par sa mère, Sabina, qui avait fui un mari violent, et travaillait comme agent de sécurité dans un supermarché, Victor avait, dès douze ans, quitté le droit chemin dont sa mère rêvait pour lui, fait l’école buissonnière et commencé à vivre de petits trafics.

Somme toute, une existence presque normale dans cet univers, même si Cristian Alarcón montre que nombre d’habitants travaillent de façon régulière. Tout bascule le 6 février 1999 alors que la police s’introduit dans le domicile de Sabina et abat à bout portant El Frente qui s’était débarrassé de ses armes et se rendait de façon pacifique, persuadé de ne risquer qu’un séjour en prison. Sa mort brutale en fait immédiatement un héros et un martyr ; sa vie, devenue mythique, quasi christique, est l’objet de récits toujours amplifiés. On lui dédie une chanson. On lui attribue des vertus miraculeuses : il peut dévier les balles des policiers, sa tombe est toujours ornée de fleurs. Il fait l’objet d’un véritable culte. Le traître qui l’avait livré, son judas, ne l’emportera pas en paradis... plutôt en enfer…

Durant deux ans, Cristian Alarcón s’est fait accepter par les habitants de la villa et mène une enquête pour mieux comprendre cette société complexe, où se mêlent vols, violence et travail, dans laquelle les femmes jouent un rôle important. Une société qui protège les siens. Il saisit cette société à un moment où le banditisme change de sens, où la violence, les trafics de drogue l’emportent sur «l’honneur» qui animait la génération précédente. Menée à hauteur d’hommes, auprès des proches d’El Frente dont il a su gagner la confiance, Cristian Alarcón livre une enquête qui sort des sentiers battus. Paru en 2003 dans sa première édition, Que ma mort soit une fête (Cuando me muera quiero me toquem cumbia) a immédiatement rencontré un vif succès dans les villas argentines. Sa traduction aujourd’hui permet au public français de découvrir de l’intérieur une société rarement étudiée d’aussi près.

Soulignons enfin la qualité de la maquette du livre, livre qui s’inscrit dans le catalogue original des éditions Marchialy qui poursuivent ainsi leur exploration de l’Amérique du sud.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 07/06/2021 )
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