L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Lundi 23 septembre 2019
  
 
     
Le Livre
Essais & documents  ->  
Questions de société et d'actualité
Politique
Biographies
People / Spectacles
Psychologie
Spiritualités
Pédagogie/Education
Poches
Divers

Notre équipe
Littérature
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Essais & documents  ->  Questions de société et d'actualité  
 

Vae Victis ?
Jacques Vergès   Pierre Marie Galois   L'Apartheid judiciaire - Le Tribunal Pénal International, arme de guerre
L'Âge d'homme 2002 /  14 € - 91.7 ffr. / 94 pages
ISBN : 2-82511625-4
Imprimer

Comment défendre l’à priori indéfendable ? Rédigé par Jacques Vergès, conseiller de Milosevic, et Pierre-Marie Gallois, géopoliticien, ce recueil plaide la cause du dirigeant serbe déchu, l'un des acteurs majeurs de la guerre de Yougoslavie dont le procès a récemment débuté au Tribunal Pénal International (TPI) de La Haye. Le 1er avril 2001, l’ex-président Milosevic était détenu pour fraude fiscale ; arrestation suivie de son transfert au TPI, le 28 juin. « Avec le TPI, c’est un nouveau droit qui est instauré. A cet égard, le déroulement et l’issue du procès de Milosevic sont exemplaires », annonce l’ouvrage. Et de dénoncer l’apartheid judiciaire – c’est à dire le traitement particulier – dont serait victime Slobodan Milosevic.

Me Verges et Pierre-Marie Gallois défendent-ils vraiment Milosevic ? On cherchera en vain des arguments très développés en faveur de la politique de l’ancien dirigeant serbe. Ils sont au contraire bien souvent grossiers, caricaturant Slobodan Milosevic en bouc émissaire de la politique étrangère des Etats-Unis, de l’Allemagne et des pétro-monarchies. Ces passages – au mieux douteux et au pire pénibles - sur l’innocence des autorités serbes ne font ni l’essentiel ni l’intérêt du livre. En effet, la puissance de feu du juriste et du stratège militaire se concentre sur le TPI, en ce qu’il est pour eux le symbole de la réécriture de l’Histoire du point de vue des vainqueurs. En dépit d’une vision des événements que l’on qualifierait - hâtivement ? - de paranoïaque, le général Gallois et Me Vergès brossent un tableau peu flatteur de la politique étrangère des Etats-Unis dans les Balkans. S’il est impossible ici de rentrer dans le détail de leurs thèses – tout de même étayées par des documents probants ! -, on pourra au moins envisager avec eux que l’administration américaine a en effet systématiquement biaisé la couverture médiatique du conflit et probablement joué un rôle de fauteur de guerre... Dans la perspective des deux auteurs, le TPI ne serait rien moins qu’une « arme de guerre », sorte de paravent à la realpolitik des occidentaux. Aussi, que penser d’un tribunal financé par des nations et des groupes d’intérêt ayant partie à la guerre ? Pourquoi avoir crée un tribunal ad hoc, au détriment d’une Cour pénale internationale (CPI), paralysée par le veto des USA – entre autre ? Quoi que l’on puisse penser de leur engagement partisan, Jacques Vergès et Pierre-Marie Gallois visent souvent juste !

Ce livre – composé de quatre petits essais - est cependant trop court pour être vraiment convaincant. Cette brièveté contraint les auteurs à souvent réduire leur pensée à des slogans; ce qui est particulièrement vrai pour Pierre-Marie Gallois, dont on lira Le Sang du pétrole (tome 1 : la Bosnie, tome 2 : l'Irak, éd. L'âge d'homme 1989-1996) avec bien plus d’intérêt. Aussi, on renverra les lecteurs passionnés par la question yougoslave vers d’autres ouvrages, depuis le formidable récit de Rebecca West écrit dans les années 30(Agneau noir, faucon gris , réedité par L'âge d'homme en 2000), jusqu’à l’ouvrage de Michel Collon consacré à la désinformation pendant la guerre yougoslave (Poker menteur, éd. EPO, 2000). Toutefois, ce traité lapidaire a pour mérite de semer le doute, ce qui est certainement l’objectif de ses deux auteurs. Cette stratégie, dite de rupture, est conforme à la ligne de défense ainsi définie par l’avocat officieux de Milosevic: « La rupture intervient lorsqu’il n’y a plus de principes communs entre ceux qui prétendent juger et ceux que l'on veut juger. »


Vianney Delourme
( Mis en ligne le 05/03/2002 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2019
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd