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Quand un Nocturne prélude à la nuit la plus noire
Wladyslaw Szpilman   Le Pianiste - L'extraordinaire destin d'un musicien juif dans le ghetto de Varsovie 1939-1945
Robert Laffont 2000 /  18.17 € - 119.01 ffr. / 264 pages
ISBN : 2221092562
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Septembre 1939, dernière exécution à la radio polonaise du Nocturne en ut dièse mineur de Chopin par le pianiste Wladyslaw Szpilman avant qu'une bombe allemande ne réduise l'émetteur au silence. 1945, pour la réouverture de l'antenne de Radio Pologne, Szpilman interprète le même Nocturne en ut dièse mineur. Entre ces deux exécutions, six ans de la nuit la plus noire "le temps que Herr Hitler joue sa partition sur la scène mondiale". Six ans pour Szpilman de confrontation quotidienne avec l'horreur, la peur et la mort.

A travers un récit, très pudique, très distancié, l’auteur brosse l'effroyable tableau de Varsovie et de ses habitants juifs au cours de ces années: siège de la ville puis constitution et organisation de la vie dans le ghetto avec ses collaborateurs et ses justes, ses fêtes, ses rafles, ses rumeurs qui enflent sur le sort des juifs envoyés en "camp de travail"; l’insurrection de Varsovie et la destruction finale de la ville par les Allemands.

Chaque étape apporte son lot de dangers, de pièges à déjouer. Le père et la mère de Szpilman, ainsi que ses deux sœurs et son frère partageront leur dernier "repas" avec lui - un caramel coupé en six - juste avant que, miraculeusement écarté du convoi, il ne les voit partir pour Treblinka. Il ne cessera d’ailleurs d'échapper à la mort, aussi bien dans l’enceinte du ghetto que plus tard, lorsqu'il quitte cette partie de Varsovie pour se réfugier chez les uns ou les autres, toujours caché, traqué par les bombes, les Allemands, l'incendie, vivant terré dans un trou pendant des mois.

De musique proprement dite, il est peu question dans ce livre, sauf à quelques reprises lorsque le narrateur s’inquiète pour ses mains, gelées, éprouvées par les travaux les plus durs ou lorsque totalement isolé dans un minuscule réduit, pendant des jours, presque sans boire et sans manger, il se remémore pour éviter la folie toutes les partitions qu'il a interprétées.

Ce récit bouleversant est complété par d’émouvants extraits du journal tenu à Varsovie par Wilm Hosenfeld, officier allemand qui contribua à la survie du pianiste en lui apportant au péril de sa vie quelques nourritures.

Après la guerre, Wladyslaw Szpilman a dirigé la radio nationale polonaise et a mené une carrière de compositeur et de pianiste. Il est mort à Varsovie en juillet 2000. Contrairement à beaucoup de survivants, il écrivit ce témoignage très vite après la guerre. Proscrit par le régime communiste en 1946, ce récit plongea à sa manière dans la nuit jusqu’à ce que les lecteurs français le redécouvrent aujourd’hui. Il sera désormais difficile d'entendre le Nocturne en ut dièse mineur de Chopin (opus 27, n° 1) sans songer à la destinée de Szpilman et à celle des juifs de Varsovie.


Florence Trocmé
( Mis en ligne le 26/04/2001 )
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