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It's only rock'n'roll
François Bon   Rolling Stones, une biographie
Fayard 2002 /  22 € - 144.1 ffr. / 700 pages
ISBN : 2-213-61308-7
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Le 6 mars 1967, François Bon a 14 ans et gagne son argent de poche en travaillant à la station d'essence de Civray, dans sa Charente natale. Le ciel est gris et bas quand, de la route luisante, jaillit une Bentley S3 Continental rutilante (de couleur bleu nuit) qui s'arrête juste devant lui. Keith Richards (on ne peut pas le louper avec ses oreilles décollées) se hisse négligemment hors du véhicule, et va soulager sa vessie dans le champ de maïs qui jouxte les pompes à essence. Le vague sourire dont il gratifie le futur romancier - un rictus plutôt - marque François Bon à jamais. La Bentley avec sa cargaison de guitares, ses cadavres de bouteilles, ses deux « filles invraisemblables » (une surtout), ce type blond « qui ne regardait rien » (Brian Jones, sans doute) et Keith, disparaît rapidement sur la nationale - destination le Maroc - enveloppée du bruit sourd des tambours de Joujouka que les voyageurs écoutent à longueur de nuit. François Bon reste seul, avec beaucoup de rêve à revendre.

Une fois adopté le style oral et rugueux de François Bon, c'est dans un extraordinaire tourbillon rock'n'roll que l'on se trouve entraîné par ce Rolling Stones : une biographie. La richesse des anecdotes, la précision de la chronologie (au jour près), le souci quasi scientifique qui pousse l'auteur à croiser ses sources et les citer souvent - tel témoignage de tel Stone, tel extrait de telle biographie, tel article, etc. - forcent l'admiration et surtout, forcent l'enthousiasme. Qu'on le veuille ou non, on devient le témoin au jour le jour de ces jeunes vies anglaises, qui se croisent plus ou moins par hasard pour ne plus se quitter. Car si la précision et le travail journalistique sont bien là, le savoir-faire de l'écrivain et surtout son degré d'assimilation de tout ce qui est - de près ou de loin - lié aux Rolling Stones, font dévorer les 700 pages de ce document comme on dévore un roman.

Le lecteur amateur de Rolling Stones, et néanmoins néophyte, sera aussi saisi par une impression omniprésente de chantier, voire de bricolage, qui se dégage de la scène musicale londonienne de l'époque (le tout début des années 60). Aucun des Beatles ou des Stones n'a jamais pris de cours de solfège ou d'instrument, Brian Jones excepté (François Bon nous balade aussi au travers de la vie des Beatles, de Chuck Berry, le fondateur, etc.). Simplement, on aime la musique et on fait passer ses maigres économies, celles de papa et maman également, dans l'acquisition d'un disque, d'un tourne-disque, puis d'un instrument. Là, on tâtonne un peu dans son choix (Brian Jones surtout), mais la guitare s'impose souvent comme un passage obligé.

Et puis le hasard fait beaucoup de choses, dans cette histoire. Il fait en sorte que deux adolescents de Dartford, qui ont fréquenté la même école mais ne se sont jamais adressé la parole, en viennent à dépasser leur indifférence parce que l'un d'entre eux porte des disques de Chuck Berry sous le bras. Mick Jagger et Keith Richards. Il fait que ces deux là, bien qu'ils n'apprécient pas franchement Bill Wyman, décident de continuer à le voir parce qu'il possède un ampli qui produit un volume sonore fantastique et leur donne confiance en eux. C'est le hasard qui fait que Brian Jones et Charlie Watts se rencontrent au Marquee, où ils exécutent quelques remplacements dans l'orchestre d'Alexis Korner, et qu'ils rejoindront l'un après l'autre les trois premiers pour fonder les légendaires Rolling Stones. Hasard qui fait qu'on tombe sur un type comme Gomelsky, qui va croire en eux (comme Brian Epstein croit aux Beatles). Hasard encore, qui fait que le public des premières scènes des Rolling Stones, qui "venait chercher du jazz et tombait sur du Jimmy Reed", abandonne relativement vite le premier pour s'adonner avec frénésie aux sons électriques révolutionnaires du rock'n'roll.

Le livre de François Bon est une véritable source d'inspiration, un étourdissement. Il est un peu nostalgique en même temps, parce qu'avec les Stones commencent et s'achèvent les heures les plus créatives de la musique de ces quarante dernières années.


Florence Puech
( Mis en ligne le 28/10/2002 )
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Ailleurs sur le web :
  • En complément du livre : un dossier sur le site de François Bon
  • Le site officiel des Rolling Stones
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