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Un regard inédit et éclairé
Emile Brami   Céline
Ecriture 2003 /  22.95 € - 150.32 ffr. / 452 pages
ISBN : 2-909240-53-3

L'auteur du compte-rendu: Sonia Anton est professeur agrégée de lettres modernes et doctorante sur Louis-Ferdinand Céline. Elle est spécialisée dans la correspondance de l'écrivain.
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Le Céline d’Émile Brami succède aux trois biographies de l’écrivain déjà parues (par ordre chronologique celles de François Gibault, de Frédéric Vitoux et de Philippe Alméras), et la première question qui vient à l’esprit est : que va-t-elle avoir de différent ou de nouveau ? En avant-propos, l’auteur présente son entreprise comme une «promenade». Son livre se lit cependant comme une biographie classique, mis à part le fait que la chronologie soit présentée de façon inversée. Brami annonce un «regard subjectif d’un dilettante sur une époque, une vie, une œuvre». Subjectif peut-être, mais en tout cas rigoureux, documenté et modeste. «Il ne s’agit pas d’un exercice d’admiration béate», précise-t-il. Ici encore, cette annonce se vérifie par la suite. Céline n’y est jamais décrit avec complaisance.

Pour revenir à notre question initiale, distinguons plusieurs caractéristiques qui font de ce récit de la vie de Céline – puisque l’auteur semble refuser le terme de biographie – un ouvrage différent de ceux qui le précèdent et à ce titre enrichissant. Les documents exploités, tout d’abord. La dernière biographie de Céline est parue en 1994. Émile Brami exploite des textes apparus ou rendus publics depuis. On retiendra par exemple les témoignages d’Ole Viding (Au bout de la nuit, Capharnaüm, 2001), de Véronique Robert (Céline secret, Grasset, 2001), les lettres à Antonio Zuloaga (La Sirène, 2002), les lettres de prison (Gallimard, 1998). Cet ouvrage accorde une place importante à la correspondance de Céline, trop souvent reléguée à la périphérie lointaine de l’œuvre, et les missives de l’écrivain sont abondamment citées. On relève quelques lettres inédites (à Robert le Vigan, Henri Mahé, au docteur Tuset) ainsi que des témoignages faits à l’auteur (Pierre Monnier, par exemple). Une typologie des lettres d’exil est également ébauchée (p. 138). En même temps, Émile Brami sait rendre à César ce qui lui appartient et cite ses prédécesseurs.

L’œuvre en elle-même est abondamment citée, ce qui n’empêche pas à l’auteur de faire la part entre la réalité et la fabulation dont Céline était coutumier (l’arrestation du couple Destouches à Copenhague, rocambolesque telle qu’elle est narrée dans D’un château l’autre, est par exemple ramenée à ses justes proportions : «Ni l’un ni l’autre n’a jamais franchi la rambarde de la lucarne, personne n’a grimpé sur le toit, Céline a fini par ouvrir la porte et se rendre aux policiers.», p. 87). On relèvera bien quelques partis pris. Émile Brami se livre notamment à une description très détaillée des rapports entre Céline et Jean-Paul Sartre, que la plupart des biographes ne font que mentionner. La position anti-sartrienne de Brami, subjective pour le coup, est d’une virulence revigorante.

Enfin et surtout, ce livre propose une analyse détaillée de la vie de Céline pendant l’Occupation, de ses activités et de ses relations. Ici encore, l’auteur procède sans concession ni parti pris célinien. Les pamphlets sont précisément évoqués. Leur contenu est décrit, de larges passages sont cités. On nous a habitués à des références plus rapides et plus allusives de ce versant noir et abject de la personnalité et de l’œuvre de Céline. Émile Brami fait partie, semble-t-il, de ceux qui pensent qu’il convient d’en parler, que la précision est préférable au flou gêné ou ignorant qui frappe souvent cet aspect de Céline. Libre ensuite à chacun de choisir s’il décide de lire ou non de lire Céline, en sachant précisément de quoi il en retourne. Les pamphlets sont également mis en contexte et l’auteur se sert des études parues sur la question ces dernières années (Régis Tettamanzi, Esthétique de l’outrance, Le Lérot, notamment). Une large part est consacrée à la réception des pamphlets au moment de leur parution. Les lettres adressées à des personnalités de l’Occupation (celles à Lucien Combelle notamment) sont citées.

Le livre de Brami est représentatif, nous semble-t-il, de ce que vit la majorité des amateurs honnêtes de Céline : un regard sans complaisance, qui n’interdit pas l’amour pour l’œuvre, le constat du paradoxe Céline, toujours. Plus dans le détail du livre, on relèvera pour finir quelques approches inédites : la postérité de Céline est vue à travers les fictions romanesques ou cinématographiques où il apparaît (p. 258) ; les années 1930 sont évoquées à travers les femmes aimées par Céline, et c’est un chapitre plus thématique que biographique sur Céline et les femmes ou Céline et l’amour qui nous est donné à lire.


Sonia Anton
( Mis en ligne le 19/11/2003 )
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