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L'acteur référence
Christophe Carrière   Patrick Dewaere, une vie
Balland 2012 /  18,90 € - 123.8 ffr. / 250 pages
ISBN : 978-2-35315-150-9
FORMAT : 14,0 cm × 22,4 cm
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Il y a 30 ans, le 16 juillet 1982, l'acteur Patrick Dewaere (né en 1947) se suicidait en se tirant une balle dans la bouche alors qu'il revenait d'un déjeuner en compagnie de Claude Lelouch avec qui il préparait un film, Edith et Marcel. Même si l'on savait le comédien fragile et à fleur de peau, c'est la stupeur chez ses proches à l'annonce de sa mort. Il paraissait tellement s'investir dans le rôle de Marcel Cerdan durant l'été 1982 que son geste a surpris tout le monde. Lelouch en premier, qui l’avait vu deux heures plus tôt, puis Bertrand Blier avec qui Patrick avait passé sa dernière soirée. A 35 ans mourait l'acteur le plus doué de sa génération, le plus surprenant, le plus vulnérable aussi.

Triste anniversaire oblige, c'est Christophe Carrière qui se colle à la biographie du génie. Pour un premier livre, le journaliste «spécialiste en cinéma» ne s'en sort pas trop mal malgré quelques lourdeurs grossières. Le style n'est pas son fort mais il parvient en quelques tournures à cibler son sujet, à évoquer le parcours hors norme d'un enfant de la balle dont le destin s'est noirci au fil des ans. D'abord enfant acteur, puis jeune premier explosant dans des séries télévisées (Les Hauts de Hurlevent, Jean de la Tour Miracle), c'est la rencontre avec l'équipe du Café de la Gare puis de Bertrand Blier qui l'engage pour Les Valseuses qui pousse Dewaere dans la cour des grands. Dès 1974, les rôles s'enchainent et ses compositions deviennent de véritables incarnations : La Meilleure façon de marcher, F comme Fairbanks, Le Juge Fayard dit le "le Shériff", Coup de tête, Série noire, Un mauvais fils, Beau-père, Hôtel des Amériques, autant de films importants qui ont permis à Patrick Dewaere de briller dans des compositions hallucinantes (Série noire, Beau père) ou des prestations efficaces (Coup de tête, Paradis pour tous). Mais il est inutile de comparer les rôles, l'acteur est parfait, à chaque fois. Et c'est ce qui fascine son public.

Carrière s'attarde surtout sur le personnage Dewaere, l'homme ultra sensible, mais aussi imprévisible, maladroit, violent. En trois phrases, il ''révèle'' que l'acteur a été abusé étant enfant (c'est la grande mode actuelle de révéler cela et de s'en tenir uniquement à cela), il insiste également sur sa dépendance aux drogues dures et à ses problèmes conjugaux (sa dernière femme Elsa en prenant pour son grade). On apprécie moyennement ces raccourcis typiques des journalistes qui s'adonnent au genre biographique, et l'on rejette en bloc les interprétations psychologisantes dignes de comptoir de café bobo. Certes, Carrière est un admirateur de la première heure (ce qui crée déjà un malaise par le peu de recul qu'il a avec son sujet), mais son style ampoulé et parfois faussement rebelle lasse un lecteur qui ne peut que remarquer le décalage entre la dimension d'un acteur comme Dewaere et le journaliste qui veut se coller à un tel monument du cinéma. Dewaere méritait mieux que Carrière pour honorer sa mémoire, 30 ans après sa tragique disparition.

Si le livre lassera les connaisseurs de l'artiste (qui n'apprennent rien de plus que ce qu'avaient déjà écrit Véronique Lesueur, Mado Maurin, Bertrand Tessier), il permettra néanmoins aux jeunes générations de se plonger dans la vie d'un homme qui a préféré mourir que de continuer à exercer son talent (et quel talent!). Dewaere n'a rien laissé, n'a rien écrit avant de commettre l'irréparable. Toutes les thèses vont bon train ; on parle de ses rôles qui le diminuaient, de ses problèmes de drogue, de sa femme absente ce 16 juillet. "Patrick est mort d'amour", dit le prêtre qui fit l'office funèbre. Cette ultime thèse semble la bonne...


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 20/08/2012 )
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