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Essais & documents  ->  Psychologie  
 

Des «vacances de la vie»
Catherine Clément   L'Appel de la transe
Stock - L'autre pensée 2011 /  19,50 € - 127.73 ffr. / 209 pages
ISBN : 978-2-234-06452-2
FORMAT : 12cm x 20cm
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Catherine Clément vient de publier un ouvrage intitulé L'Appel de la transe aux éditions Stock, dont il est dit que c’est «un livre magnifique qui nous conduit aux frontières de l’avouable». Philosophe et romancière, Catherine Clément revendique clairement sa filiation intellectuelle avec Claude Lévi-Strauss à qui elle dédit d’ailleurs ce livre. Au cours de ses brefs propos introductifs, elle définit l’objet de sa dernière étude - la transe - comme «une autorisation pour s’éclipser de la vie», du moins comme des «vacances de la vie».

D’emblée, l’auteur entre dans le vif du sujet en décrivant une scène de transe à Dakar, au Sénégal : «au tournant du vingt et unième siècle, à la tombée du jour. Au bord de l’océan des femmes dansent en transe sur une arène de sable devant un millier de spectateurs. Habillées de dentelles et de robes à volants, la tête enturbannée, un chasse-mouche à la main, elles ont fait une entrée majestueuse d’un pas noble et joyeux rythmé par les tambours». Si les intéressées considèrent qu’il s’agit ni plus ni moins de danse, la philosophe estime qu’il s’agit plutôt d’une transe.

Elle poursuit plus avant sa description : «elles sont une cinquantaine, la plupart sans emploi, comme bon nombre de ceux qui vivent en Médina, loin du quartier des riches». Les danseuses appartiennent à «cette masse mondiale qui vit avec moins de deux dollars par jour». Elles sont «des pauvresses. Mais quand elles sont en transe, précise Catherine Clément, ces femmes sont des reines deux heures tous les soirs à la tombée de la nuit». Plus loin, l’auteur précise que «chacune ira nicher au cœur brûlant du rythme, prisonnière volontaire du cercle des tambours, dix instruments massifs tenus par les griots. Tous des hommes qui font tomber les femmes, dont un jeune armé d’un petit tambour d’aisselle au son vibrionnant. Elles s’affaissent sur le sable ; la chute est leur genèse. Pour changer nos vies, on doit les fracasser ; où que ce soit au monde, à un certain moment, ou avant ou après, il faut tomber de son haut et pour tous, c’est la règle».

Le lecteur se leurrerait s’il venait à penser que la transe est tout à fait étrangère à la culture occidentale. En effet, l’essayiste affirme que «la transe est universelle». Par contre, continue-t-elle, la transe «ne se donne pas, il faut la provoquer». La transe est à l’évidence une façon de s’extirper du monde sensible, c’est-à-dire de le fuir. C’est bel et bien une «autorisation pour s’éclipser de la vie». D’ailleurs, pour en revenir aux danseuses de Dakar, Catherine Clément prétend que «nous sommes tous comme elles. Nous avons tous besoin de danse et de rupture, de silence et d’absence, d’une retraite qui peut prendre la forme d’une maladie, nous avons tous besoin d’une échappée soudaine, d’un bain frais, de jouissance sans lendemain, d’une vie sans engagement ni promesse, de désordre, de vacances sans commencement ni fin».

Pour étayer sa thèse, la philosophe se penche sur divers cas de transe. Au cours de seize chapitres, Catherine Clément traite une pléthore de thèmes comme le coup de foudre amoureux, les saletés, les filles de Dracula, les piquées d’Apulie, les disciplines de la frayeur, etc. Bref, la transe est partout car «le désir de transe, l’instant d’un éclair, permet de changer de vie».


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 0/05/2011 )
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