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La chute de la maison Rocard
Jean-Paul Huchon   La Montagne des singes - Du rocardisme aux années Jospin
Grasset 2002 /  17,50 € - 114.63 ffr. / 274 pages
ISBN : 2-246-48191-0
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C’était le temps de tous les espoirs. Ceux portés par un homme qui, à lui seul, devait mettre un terme aux querelles de chapelles qui agitaient la maison socialiste depuis des lustres. C’était le temps où l’on croyait que ce même homme pouvait incarner la nouvelle gauche républicaine, œcuménique, ouverte, débarrassée de ses démons. Illusions perdues : Michel Rocard n’aura été qu’une étoile filante dans le ciel orageux de la politique, après avoir été Premier ministre de François Mitterrand et Secrétaire général du Parti socialiste.

Parmi ses fidèles lieutenants : Jean-Paul Huchon, son ami, son confident, qui fut son directeur de cabinet à Matignon, de 1988 à 1991. Ensemble, ils jetteront les bases d’une autre manière de gouverner et de concevoir la fonction politique dans l’Hexagone, tout en portant l’estocade aux vieilles lunes de la gauche mitterrandienne. Le naufrage politique de Rocard est à la hauteur de ses ambitions : immense. Que sont les qualités de l’ex-Premier ministre devenues ? Pas grand-chose. Ni la rigueur analytique ni la capacité à fédérer, qui furent ses points forts, n’ont réussi à triompher de ses défauts, aussi nombreux que ses qualités. Rocard n’a paradoxalement rien de la «bête politique» : loin de toute forme de machiavélisme, à mille lieues du calcul électoraliste, il n’a, en somme, gouverné que d’une façon instinctive, ne répondant qu’à son cœur, aux antipodes de la méthode d’un Mitterrand, fin limier surdoué de la communication. C’est le procès de Rocard que Jean-Paul Huchon instruit ici. Un procès en bonne et due forme. A charge. Et à décharge. L’auteur appelle à la barre pléthore de témoins, qu’il sonde sans relâche, avec fermeté et discernement. A n’en pas douter, la belle amitié qui unissait le «mis en examen» et le «juge» a volé en éclats: leur chemin s’est scindé en deux.

Assurément, Michel Rocard aura un haut-le-cœur en découvrant l’ouvrage de son ancien collaborateur. Pourtant, intelligemment, Huchon reconnaît ses propres responsabilités dans la chute de la maison Rocard ; jamais il ne refuse de voir la réalité en face, fût-elle des plus crues. Socialiste, Huchon l’est et le demeurera. Ainsi n’a-t-il eu d’autres choix que de suivre le nouvel héros de son parti, Lionel Jospin, dont il brosse un portait enthousiaste, sans jamais pour autant verser dans la dithyrambe gratuite. De cette odyssée au long cours, de Rocard à Jospin, Huchon demeure un témoin avisé, doué d’un talent de plume évident. Et d’une lucidité à toute épreuve.


Stéphane Haïk
( Mis en ligne le 05/04/2002 )
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