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Liberté, égalité, compétitivité
Jean Peyrelevade   Denis Jeambar   La République Silencieuse
Plon 2002 /  18.40 € - 120.52 ffr. / 274 pages
ISBN : 2-259-19635-7
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Jean Peyrelevade fait partie de ce qu’il est convenu d’appeler les grands commis de la République, de ceux dont la carrière au service de l’Etat les a fait naviguer entre politique, administration et parfois même entreprise. C’est à ce titre que Denis Jeambar, Président du Groupe Express-Expansion, a mené cette série d’entretiens avec l’actuel Président du Crédit Lyonnais.

Ces conversations constituent une espèce d’état de la France contemporaine, à l’heure de la mondialisation, du déclin des idéologies et de la désaffection (celle-ci en découlant ?) vis-à-vis de la politique. Le parcours de Jean Peyrelevade, polytechnicien longtemps haut-fonctionnaire, directeur adjoint du Cabinet de Pierre Mauroy, Premier Ministre de François Mitterrand, avant de prendre les rênes de plusieurs entreprises nationalisées, lui a donné l’occasion de s’interroger, en même temps qu’il en a souvent été l’acteur, sur les grands mouvements qui ont traversé et traversent encore la société et l’économie françaises.

Le rapport entre capitalisme et politique, pierre angulaire de l’ouvrage, est ainsi analysé, tant le rapport de l’un à l’autre a évolué. Quoi de commun en effet entre le dirigisme gaulliste, que Jean Peyrelevade juge d’ailleurs assez peu clairvoyant en matière économique (temps du primat du politique sur l’économique) et les méthodes de gouvernement à l’heure de la mondialisation (inversement, primat de l’économique sur le politique) ? Pas grand chose sans doute. Jean Peyrelevade pointe une insuffisance qui semble correspondre, pour le coup, elle, à une constante française : l’incapacité du politique, au nom de ce qui lui reste d’idéologies (et donc de carcans incompatibles avec le principe de réalité), à comprendre véritablement le sens des changements. Qu’il s’agisse des nationalisations (aveu étonnant de la part de celui qui fut l’un de leurs principaux architectes !) ou de la perception aujourd’hui des mécanismes de la mondialisation de la part des gouvernements, droite et gauche confondues.

Car Jean Peyrelevade demeure avant tout un homme, certes de gauche (la deuxième gauche, la gauche américaine, nous dit-il), mais totalement pragmatique. Devant le constat de défaillances françaises largement handicapantes, structurelles (lourdeurs institutionnelles, corporatismes absurdes notamment) comme conjoncturelles (une gestion politique quotidienne improbable), il invite les uns et les autres, sans prétentions, à repenser l’Etat au service de nouveaux objectifs et horizons : « liberté, égalité, compétitivité ». Pour incarner ce nouveau triptyque républicain, l’Etat doit réfléchir à de nouvelles méthodes (privilégier notamment décentralisation et contractualisation de certaines activités afin de lutter contre un Etat resté encore par trop monarchique).

C’est à ce prix seulement que la France pourra y voir clair face à la mondialisation et ne plus en demeurer un sujet passif et donc malmené. C’est aussi à ce prix peut-être que la France et les Français, en proie à la désillusion, pourront se réconcilier.


Alexis Vialle
( Mis en ligne le 28/04/2002 )
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