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Derrière le dit, vent ?
Gérard Haddad   Le jour où Lacan m'a adopté - Mon analyse avec Lacan
Le Livre de Poche - Biblio essais 2005 /  8.00 € - 52.4 ffr. / 440 pages
ISBN : 2-253-09934-1
FORMAT : 11x18 cm

Ouvrage paru chez Grasset (2002).

L'auteur du compte rendu : Antoine Bioy est docteur en psychologie, psychologue clinicien, hypnothérapeute intervenant à l’Institut français d’hypnose.

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Gérard Haddad est connu pour son parcours de psychanalyste, et notamment pour ses travaux de liaison entre la culture juive et la « psychologie des profondeurs ». Praticien et auteur reconnu par ses pairs, il est issu de la culture lacanienne qui lui fut enseignée par Jacques Lacan lui-même.

Le jour où Lacan m’a adopté est un ouvrage relatant les années d’analyse de l’auteur avec Lacan mais aussi la façon dont ce travail d’introspection s’est inscrit dans son parcours et ses choix de vie. Bien qu’autobiographique et annoncé en tant que tel, l’ouvrage se lit comme un roman dont on tourne les pages avec plaisir et une forme de désir avide de suivre le parcours relaté. Cela tient certainement au personnage principal, non l’auteur lui-même mais Lacan, qui s’impose à cette place au fil du récit.

En effet, même si Le jour où Lacan m’a adopté peut révéler au profane comme une psychanalyse peut modifier une vie, l’intérêt majeur de l’ouvrage est de découvrir celui qui fut l’un des plus grand penseur français de la seconde moitié du XXe siècle. Très précisément, c’est la pratique de Jacques Lacan qui fascine. Son art de manier le transfert, sa maîtrise totale de la relation interindividuelle installe entre lui et son analysant une forme d’emprise qui peut certes choquer, mais qui était avant tout le signe d’une virtuosité tout à fait exceptionnelle. On pourrait en effet discourir de longs moments autour de ses « passes » de quelques minutes telles que décrites, sur l’art qu’avait Lacan de jouer de son histrionisme et de son aptitude à hypnotiser (l’auteur dit «magnétiser») aussi bien un patient que les foules se pressant pour écouter ses séminaires. Un goût pour l’hypnose jamais admis par Lacan (loin s’en faut) mais dont l’évidence se lit à la fois dans les techniques utilisées, les attitudes déstabilisantes, mais également les éléments de ressentis intimes de l’analysant qui appuient un peu plus les liens entre psychanalyse et hypnose, qui partagent l’usage du transfert à outrance (bien que dans deux formes de maniement différents, bien évidemment).

Le jour où Lacan m’a adopté est certes un récit individuel, mais l’on perçoit derrière le singulier d’une vie, la façon dont Lacan opérait avec chacun de ses analysants et étudiants. L’on comprend aussi combien sa pratique revêt quelque chose d’inexplicable, très exactement de non théorisable, tout comme le transfert, dont beaucoup tentent encore de cerner les mécanismes sans y arriver totalement. Également, Le jour où Lacan m’a adopté permet de penser combien des disciples peuvent trahir un maître par ambition, goût du pouvoir ou simplement consumés par leur envie d’être reconnu comme des élus. Un biais que l’auteur semble avoir évité (peut-être car son ambition initiale était ailleurs que de devenir psychanalyste : il était ingénieur agronome) mais qu’il décrit fort bien, en relatant notamment les dissolutions et scissions successives des écoles lacaniennes.

Gérard Haddad a organisé le rendu de cette période de sa vie avec une remarquable honnêteté de propos, une immense pudeur et sincérité. Le lecteur est fasciné comme son auteur l’était par Lacan, ce qui donne à ses propos une justesse brillante, sans distance mais sans non plus complaisance vis-à-vis de son maître ou de certains de ses biographes, voire disciples (on redécouvre par exemple un autre visage de Dolto, des frères Miller, et bien d’autres). Et disons-le, cet ouvrage donne envie de découvrir ou redécouvrir l’œuvre de Lacan, sans se laisser rebuter par ses artifices de langage ou la légendaire difficulté de sa pensée. Un récit accessible à tous, initiés ou non à la psychanalyse.


Antoine Bioy
( Mis en ligne le 16/03/2005 )
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