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Faites vos jeux, rien ne va plus !
Robert Axelrod   Comment réussir dans un monde d'égoïstes - Théorie du comportement coopératif
Odile Jacob - Poches 2006 /  7.50 € - 49.13 ffr. / 226 pages
ISBN : 2-7381-1682-5
FORMAT : 11x18 cm

Traduit de l'anglais (américain) par Michèle Garène.

Paru la première fois en 1992, sous le titre Donnant donnant.

L'auteur du compte rendu : Antoine Bioy est docteur en psychologie et psychologue clinicien.

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Robert Axelrold, qui enseigne les sciences de l’information à l’université du Michigan, est un spécialiste en théorie des jeux, et en particulier du comportement des joueurs. On pourrait inscrire son approche dans le champ de la psychologie cognitivo-sociale, bien que ce courant n’était pas encore nommé ainsi lors de la première édition de ce livre aux États-Unis (1984).

Tout le livre consiste en une analyse des comportements humains au jeu du prisonnier. Ce jeu (de laboratoire) est fort simple et en même temps diabolique. Deux joueurs se font face. Ils doivent choisir à chaque tour s’ils souhaitent «coopérer» ou faire «cavalier seul». Il n’y a pas de tâche à accomplir, il s’agit juste de choisir l’une de ces deux options (un peu sur le même principe que le jeu «pierre-ciseau-caillou». Tout se joue au niveau des gains : si les deux joueurs coopèrent, ils gagnent chacun trois points. Si les deux font cavalier seul, ils marquent chacun un point. Si le joueur 1 choisit de faire cavalier seul, et le joueur 2 de coopérer, le joueur 1 remporte cinq points et l’autre zéro point. Le but est évidemment de gagner. Il s’agit donc d’élaborer une stratégie puisque si les deux joueurs choisissent tacitement d’aller jusqu’au bout en coopérant de concert ou en faisant tous les deux cavaliers seuls, ils seront ex-aequo.

L’auteur, à partir des multiples parties jouées et ses variables (nombre de tours plus ou moins courts, etc.) en déduit des comportements prototypiques (donnant-donnant, loi du talion, etc.) et les analyse pour savoir quel est, au final, celui qui est le plus «payant». Pour préserver le suspens, nous ne livrerons d’ailleurs pas la réponse ici ! Robert Axelrod extrapole par la suite son modèle d’analyse à différentes situations de la vie politique et sociale : négociations internationales, course aux armements, attitudes des soldats dans les tranchées durant la guerre de 14-18. L’auteur propose même que son modèle vienne illustrer les systèmes de coopération des organismes biologiques (processus de l’évolution, comportement des abeilles, vie en société des fourmis, etc.).

On le comprend aisément, ce livre ne s’inscrit pas dans le champ du développement personnel comme tend à le suggérer son (nouveau) titre et la quatrième de couverture. Mais il illustre assez bien comment un paradigme de psychologie construit en laboratoire peut venir expliquer en partie certains comportements humains. Si, du point de vue des sciences fondamentales, les travaux relatés sont fort intéressants, pour autant, on reste circonspect quant à l’extrapolation que l’auteur en fait sur le terrain des systèmes sociaux humains, qui font intervenir de très nombreux facteurs. Pour que la démonstration puisse être convaincante, il faudrait que le modèle devienne prédictif dans ce domaine, or l’auteur ne s’en fait pas l’écho (non plus sur le terrain du monde animal).

L’ouvrage permet néanmoins, à qui veut bien se prêter au jeu, d’analyser certains faits quotidiens et tenter de modifier son comportement lors de toute situation de négociation, avec quelques propositions de l’auteur, dont l’enseignement est tiré de ce «dilemme du prisonnier». Pour les plus intellectuels, l’ouvrage est une bonne introduction avant de se replonger dans les tous premiers écrits relatifs à ce jeu inventé en 1950 (M. Flood et M. Dresher puis A.W. Tucker) ou de lire la suite des travaux de Axelrod, Réussir dans un monde complexe (écrit avec M.D. Cohen, chez le même éditeur).


Antoine Bioy
( Mis en ligne le 14/06/2006 )
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