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Le savoir-faire d'un chercheur d'or en France : du mythe de la ruée à la réalité de l'orpaillage
Pierre-Christian Guiollard   Guide pratique du chercheur d'or - En France
BRGM Editions 2004 /  22 € - 144.1 ffr. / 128 pages
ISBN : 2-7159-0940-3

2ème édition.

L'auteur du compte rendu : Ingénieur agronome diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes, Frédéric Suffert est chercheur à l'Institut National de la Recherche Agronomique depuis 2000. Spécialiste en épidémiologie végétale et protection des cultures contre les maladies telluriques, il prépare actuellement une thèse de doctorat en formation continue.

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Né en 1954, Pierre-Christian Guiollard est photographe de métier. Passionné par l’or et la mine depuis plus de vingt-cinq ans, membre fondateur de la Fédération Française d’Orpaillage, il s'est spécialisé dans l’histoire des techniques minières (charbonnages, mines d’or et mines d’uranium principalement) pour devenir également l’éditeur de ses propres ouvrages. Il fait partie de ceux qui, dans les années 70, se sont lancés pour le plaisir dans la prospection alluvionnaire. Depuis 1994, Pierre-Christian Guiollard se rend chaque année au Canada pour y étudier l’histoire de la ruée vers l’or de 1898, mais aussi pour vivre et travailler avec les prospecteurs qui continuent de creuser le sol gelé de ce pays pour en extraire le métal jaune. Depuis plusieurs années, il exploite artisanalement une concession dans la région de Dawson City.

Lorsqu'on évoque la recherche de l'or, les images qui viennent à l'esprit sont celles de la ruée du Klondike, et plus proche de nous, d'un chercheur d'or plié en deux au bord d'une rivière ariégeoise à la recherche de paillettes ou de pépites… Ces images contiennent bien sûr une part de vérité, mais elle ne reflètent pas totalement la réalité puisque la majeure partie de l'or extrait dans le monde provient avant tout de gisements miniers, à l'image de Salsigne (Aude), dernière mine française où l'on extrayait de l'or, qui vient de fermer. Mais certaines idées reçues ont parfois la vie dure ! Parler de chercheurs d'or continue d'évoquer la Californie et la ruée de 1846, le Far-West, les cow-boys, chemises à carreaux et revolvers… On pourrait en effet penser que l'histoire de l'or débute au 19ème siècle dans les vastes contrées de l'Ouest américain. Or l'histoire de l'orpaillage semble bien remonter à la nuit des temps. Une grande partie du livre est ainsi consacrée à une approche historique de l'exploitation minière et de l'orpaillage en France. Le lavage des sables des rivières françaises remonte ainsi à l'Antiquité : pratiqué au Moyen-Age, il s'est poursuivi jusqu'à la fin du 18ème siècle. Depuis 1975, on assiste au renouveau de l'orpaillage, essentiellement comme activité de loisir.

Laissant aux chercheurs d'or la folie et quelques pépites, de nombreux géologues et mineurs ont essayé de comprendre le pourquoi de l'existence de ce métal précieux. Pierre-Christian Guiollard ne passe pas à côté de cette analyse "scientifique", et c'est en véritable expert géologue qu'il aborde la question. Les gisements d'or alluvionnaires appartiennent à la catégorie géologique des gisements détritiques récents d'âge quaternaire. L'or à l'état natif ou mis en solution peut se déplacer par simple gravité, être transporté par le vent ou par les eaux à des distances plus ou moins grandes de son lieu d'origine. Il se concentre dans des zones appelées "placer", dont l'origine géologique et la structure sont très bien décrites dans l'un des présents chapitres. Des outils scientifiques adaptés illustrent le propos de l'auteur : exemples de cartes géologiques, diagrammes géomorphologiques, et splendides photographies d'échantillons pour mettre l'eau à la bouche… Pierre-Christian Guillard indique que l'on peut rencontrer l'or dans le sable des rivières françaises sous forme de paillettes et plus rarement de pépites ou de grains. Commençons à ouvrir grands nos yeux ! Car l'or est largement distribué dans les cours d'eau de notre pays. Il est possible de distinguer trois secteurs aurifères importants par leur étendue et leur richesse : les Pyrénées, la bordure sud-est du Massif Central (Cévennes) et le Massif Armoricain. A ces grands districts, il faut ajouter le Limousin, quelques rivières du Puy-de-Dôme, du Cantal, la plaine du Rhin, la Savoie et le Rhône. Merci, nous savons désormais où aller !

Les techniques d'orpaillage sont bien évidemment largement décrites dans l'ouvrage (toujours basées sur des considérations géologiques et le pragmatisme d'un homme de terrain) ainsi que le matériel de base nécessaire à la prospection : utilisation de tamis, ban, batée, berceau californien, canal de lavage. Des éléments réglementaires complètent l'approche qui se voulait jusque-là plus "naturaliste". On apprend ainsi que l'activité d'orpaillage amateur peut être considérée comme une activité de recherche minière : elle peut être pratiquée avec ou sans titre mais reste soumise à plusieurs dispositions inscrites dans le code minier (déclaration à la préfecture, demande d'autorisation au propriétaire du cours d'eau, autorisation administrative pour disposer du produit des recherches). En ce qui concerne les versions "loisir" et "sport", se déroulent depuis vingt ans des compétitions d'orpaillage à travers le monde, véritables concours de dextérité visant à récompenser le chercheur d'or le plus adroit et le plus rapide dans l'art du maniement de la batée ou du pan. La perspective de "faire fortune" est à écarter, au moins sur le territoire métropolitain.

A la fin du livre, une liste détaillée des cours d'eau aurifères fait une dernière fois saliver l'amateur. Et pour qu'il passe vraiment à l'acte, muni d'une paire de bottes et d'une pioche, Pierre-Christian Guillard lui fournit des listes d'adresses d'associations d'orpailleurs, de fournisseurs de matériel, d'adresses de musées et de structures susceptibles d'acheter de futures pépites. L'ouvrage se termine par un lexique et des références bibliographiques détaillées. Il est alors temps de revenir à la question soulevée dans l'avant propos : «comment peut-on résister à cette proposition que nous fait l'auteur de ce livre, devenir chercheur d'or soi-même, peut-être juste à côté de son domicile, avec des moyens simples, accessibles à tous ?» Après une lecture attentive, comment ne pas se lancer?!

Très bien écrit, agréable à lire, cet ouvrage est plutôt atypique, tout comme le sujet traité. Sont recensées des informations à la fois scientifiques relatives à la géologie, techniques, parfois très pratiques, mais aussi historiques, économiques et réglementaires. Il constitue donc un excellent ouvrage de référence, richement documenté, à mi-chemin entre un traité complet sur le sujet et un guide pratique proche des ouvrages à vocation naturaliste.


Frédéric Suffert
( Mis en ligne le 02/08/2004 )
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