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Bûcher des vanités, pétard mouillé
Olivier Py   Les Parisiens
Actes Sud - Domaine français 2016 /  22,80 € - 149.34 ffr. / 536 pages
ISBN : 978-2-330-06653-6
FORMAT : 11,5 cm × 21,7 cm
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Olivier Py pourrait bien avoir lancé malgré lui dans son roman une perche au critique en faisant définir par une diva du Landerneau la pièce montée par Aurélien, personnage central du récit : «Un style grandiloquent et pompeux, une scénographie apocalyptique, un formalisme qui trahit le manque de confiance, une distribution médiocre, des lumières de train fantôme, une bande-son horripilante et, dans le programme, une pataphysique qui avoue que le propos est compliqué faute d'être profond» (p.273). Car Les Parisiens, c'est tout cela aussi...

On est mal à l'aise de critiquer un roman par ailleurs riche, fulgurant, génial par moments, ambitieux, total d'une certaine manière, et l’œuvre d'un enfant chéri de la culture made in France. Mais Olivier Py, ici, a trop fait et voulu trop faire, avec ce paradoxe que ce diamant noir littéraire est aussi un bijou mal taillé, sculpture non polie dont on devine, de loin, l'éclat. Le roman, souvent, tombe des mains, avouons-le.

L'histoire d'Aurélien et Lucas, amants fous dans une ville folle, jeunes décadents, artistes géniaux aux costumes d'Icare dans la jungle du théâtre public, les couloirs de la rue de Valois, les backrooms de clubs sordides qui nous sont décrits par le menu. Les cultureux de gauche doivent-ils d'ailleurs tous être ''pédés'' ?... Trop de clichés dans le propos agrémentent hélas cette peinture hyper-baroque de la capitale. Comme un drame pasolinien empruntant ici au grandes fresques sociales du XIXe siècle (le provincial monté à Paris avec toute la morgue de sa jeunesse), là aux codes d'une culture autrefois underground... aujourd'hui éculée. Dans le genre, on préfère, de loin, les romans d'Edmund White ou la plume plus ''neuve'' d'un Jean-Baptiste del Amo.

Aurélien est un jeune dramaturge prêt à tout pour ''percer''. Il séduit les grands du petit monde de la culture parisienne, directeurs de salles, chefs d'orchestre, homoncules de cabinets... L'intrigue se noue aussi sur le suspense lié à l'élection du nouveau directeur de l'Opéra de Paris, alors que le trône de la rue de Valois est sur le point de tomber. Lucas, quelques années de plus qu'Aurélien, est comme une incarnation de la misère humaine, responsable du suicide de son dernier amant, au chevet d'un père mourant, mal aimé, mal aimant, bientôt clochardisé lui-même. Un ange noir titubant sur sa ''redemption road''... Et toute une troupe de prostitués et de trans prêts à rejouer ''Le Grand soir''.

Beaucoup de monde, beaucoup de bruit, beaucoup de vide...


Thomas Roman
( Mis en ligne le 12/12/2016 )
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