L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Vendredi 15 janvier 2021
  
 
     
Films  ->  

Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un réalisateur/acteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Films  ->  Drame  
Road movie du désir amoureux
avec Raymond Depardon, Françoise Prenant
Arte Vidéo 2006 /  23  € - 150.65 ffr.
Durée film 85 mn.
Classification : Tous publics

Sortie Cinéma, Pays : 1985, France

Version : DVD 9/Zone2
Format vidéo : 16/3 compatible 4/3 (couleurs)
Format audio : Français (Dolby Digital 2.0)
Sous-titres : sans

Bonus :
Entretien avec Raymond Depardon
Commentaires du réalisateur

Imprimer


De Raymond Depardon, on connaît surtout l’œuvre de documentariste, de Délits Flagrants à la 10e Chambre, en passant par Profils Paysans ou Afriques, comment ça va avec la douleur ? Il s’est aussi exercé à la fiction, dans La Captive du désert et Empty quarter.

Empty Quarter, paru pour la première fois en 1985, est resté pour nombreux qui l’ont vu un film culte, et sort donc pour la première fois en DVD. C’est l’histoire d’un homme. A Djibouti, dans son hôtel, il rencontre une femme seule en attente d’une lettre, d’un homme qui va la rejoindre. Il l’invite à partager sa chambre. Son désir et son amour montent pour la jeune femme que l’autre homme ne rejoint pas. Il lui propose un voyage. Elle le suit. Ils remontent ainsi ensemble toute la Corne de l’Afrique, traversent le désert jusqu’à Alexandrie, en camion, en bateau, en avion, en train. La complicité s’installe. Ils font l’amour une fois, mal. La tension croît entre eux, la jeune femme l’humilie, l’insulte, «tu n’es qu’un ras du sol»... Mais le voyage continue dans cet enfermement malsain et tendu, pour s’achever à Venise.

L’histoire tient et conduit le film, mais elle ne le fait pas. La force d’Empty quarter tient d’abord au choix de ne montrer que la jeune femme dans ce huis clos à deux. Lui n’est qu’une voix off, omniprésente, et un regard, celui de la caméra. Elle, elle est au cœur de l’image, sous ce regard qui la scrute, puis l’oppresse, omniprésente aussi. Mais sa voix souvent se perd sous la voix off, sous les bruits extérieurs. Elle n’est qu’image et désir pour l’homme.

Le film est œuvre de photographe, de virtuose de l’image. Il alterne le regard posé sur la femme et celui porté sur l’Afrique, nourris tous deux d’amour et de désir. L’image de la jeune femme vue par le désir de l’homme est d’une sensualité permanente, mais tenue, qui jamais ne bascule dans l’érotisme ou la vulgarité. Il joue des transparences, des jeux d’ombre et de lumière dans les plis de l’aine, découpe d’obscurs objets du désir, nuque, omoplates délicats, cheville et creux du genoux. Regard caméra quand elle parle, la jeune femme est filmée de très près, prête à être touchée.

L’Afrique est construite de plans fixes en travellings, paysages qui n’ont rien d’un décor tant le regard s’y arrête. Toutes les images disent la virtuosité de Depardon, qui les construit comme autant de photographies, jouant sur les contrastes de lumière ou de couleur, sur les lignes de fuites, redoublant le cadrage par des cadres intérieurs, encadrement de fenêtre, jeux de rideaux, étageant les plans par des jeux de transparence, de masques qui donnent une incroyable profondeur à l’image. Mais Empty quarter est aussi porté par le beau texte de François Weyergans, dit en voix off par Depardon, discours intérieur qui construit le désir d’un homme qui veut aimer plus qu’il n’aime vraiment, qui prend le voyage comme une fuite (de quoi ? vers quoi ?) mais surtout une stratégie de séduction, et qui traduit sa frustration pour mieux s’en nourrir. Empty quarter est un beau film, road movie du désir amoureux, qui dit beaucoup sur le désir, sa frustration, sur l’obsession, sur le voyage.

Le DVD offre en bonus un court entretien de Depardon et d’Alain Berlaga, ainsi qu’un commentaire par l’auteur de nombreuses séquences du film. Raymond Depardon nous y explique son projet, les conditions de réalisation, justifie les choix esthétiques. On y apprend ainsi que la jeune femme est aussi la monteuse du cinéaste, et peu à peu, le film se redouble du jeu ambigu de séduction et de désir (encore !) entre l’actrice et l’homme à la caméra.


Mathilde Larrère
( Mis en ligne le 13/02/2006 )
Imprimer

A lire également sur parutions.com:
  • Afriques
       de Raymond Depardon
  • Rêves de déserts
       de Titouan Lamazou
  •  
    SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

     
      Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2021
    Site réalisé en 2001 par Afiny
     
    livre dvd