L'actualité du livre
Littérature  

Le Premier Homme du monde
de Raphaël Alix
Les Avrils 2021 /  17 €- 111.35  ffr. / 187 pages
ISBN : 978-2-491521-00-4
FORMAT : 13,7 cm × 20,2 cm

Neuf mois

Raphaël Alix, psychologue et psychanalyste à l’hôpital Sainte-Anne, publie son premier roman, paru aux jeunes Editions «Les Avrils». Dans cette histoire d’amour, l'auteur inverse les rôles masculin/féminin et met en valeur les deux genres, même si les femmes ont su évoluer en masculinisant leur apparence, devenant parfois androgynes, alors que les hommes sont très attachés à une virilité sans faille.

Marcus et Rose forment un couple parisien harmonieux et très amoureux, qui danse chaque soir sur un quai de Seine le tango argentin, transportés sur la piste des meilleures milongas de Buenos Aires. Lui, narrateur, n’a qu’un rêve, voir la pampa, les troupeaux et les gauchos. Un soir, Rose, déterminée, lui annonce qu’elle veut un enfant, que ce besoin de maternité, que cette expression de sa féminité sont nécessaires à son épanouissement, ; le tango ne lui suffit plus. Son compagnon, plutôt réticent, ne veut pas détruire leur duo de danseurs, jaloux d’un éventuel élément perturbateur qui mettrait fin à leur relation fusionnelle. Alors que Rose désespère de voir son ventre toujours plat, le corps de Marcus s’arrondit et le médecin diagnostique une «couvade» solidaire de Rose. Marcus tombe malade, pris de nausées, douleurs abdominales, désordres hormonaux, l’impensable devient réalité : il est... enceint !

Ce scénario apparemment bizarre met en lumière l’assignation classique de chaque genre. Chaque élément du couple découvre sa nouvelle place et le futur papa, si fier de sa masculinité, pris de peur au début de l’aventure, celle de se féminiser, s’adapte à la situation et prend son rôle au sérieux, démontrant que tous les archétypes sont à bannir dans la construction identitaire d’un être humain.

Ce court roman, entre fable et fantaisie, offre ainsi une métaphore convaincante de la révolution dans la définition des genres. Tout paraît évident car, après tout, pourquoi pas ?

«Fille, garçon, chacun est sommé de jouer sa partition. Chacun se plie à son rôle, chacun se voit réduit, cloué à son genre. Voici le canevas, débrouillez-vous comme vous voudrez (…) Chacun son camp, soit tu as un pénis, soit tu n’en as pas. Le sexe détermine le genre».

Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 31/03/2021 )
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