L'actualité du livre
Littératureet Romans & Nouvelles  

Avant que le monde ne se ferme
de Alain Mascaro
Autrement - Littératures 2021 /  17,90 €- 117.25  ffr. / 244 pages
ISBN : 978-2-7467-6089-9
FORMAT : 13,7 cm × 21,0 cm

Fils du vent

Alain Mascaro, professeur de lettres à Vichy (Allier), a tout quitté en 2019 pour un long voyage vers le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Iran, le Népal, l’Inde, la Birmanie et le Cambodge, avant de se retrouver bloqué en Thaïlande par la pandémie. C’est dans ce pays qu’il décide d’écrire Avant que le monde ne se ferme, son premier roman.

Un roman consacré à l’histoire d’un «fils du vent», un tzigane, Anton Torvath : «Tout commença dans la steppe, dans le cercle des regards qui crépitaient avec le feu de camp. La voix du violon de Jag planait par dessus l’hiver immobile qui parfois arrêtait le coeur des hommes». Une première phrase qui emporte le lecteur dans un récit épique (en exergue, une phrase de L’Odyssée) à travers les vastes espaces européens jusqu’aux confins de l’Asie, à travers surtout le temps et l’Histoire aux accents de tragédie antique.

En rêve, avant sa naissance, son père Svetan-le-fêlé voit le destin de son fils : dresseur de chevaux. Une aubaine pour le petit clan familial, qui va d’étape en étape avec son cirque modeste et joyeux. En revanche ce que Svetan-le-fêlé n’a pas vu, c’est la tragédie qui s’annonce : la Seconde Guerre mondiale avec son cortège de malheurs et, pour les Tziganes, l’extermination. Tout le clan sera massacré, à l’exception d’Anton qui survit dans des conditions atroces, se fait un temps passer pour juif lorsque les deux ghettos juif et tzigane sont accolés à Lodz, traverse des camps de concentration, réussit à sortir vivant de Mauthausen. Jag le violoniste, qui savait que l’Histoire est tragique, a fui dès le début du récit ; on le retrouvera plus tard…

Mais survivre ne suffit pas… encore faut-il se reconstruire, et la dernière partie de ce court roman est l’histoire de la reconstruction d’Anton, au milieu des siens, de ceux qui ont aussi survécu, de Jag retrouvé en Inde, d’un cirque différent. Cette reconstruction ne se fait pas d’une traite, les étapes sont rudes, la mort frappe encore mais la vie reprend le dessus.

Un beau roman, qui a des allures de conte, servi par une écriture poétique, pour dire un peu de l’histoire des tsiganes, ces «fils du vent». Un hymne à la liberté…

Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 23/08/2021 )
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2022
www.parutions.com

(fermer cette fenêtre)