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Littératureet Romans & Nouvelles  

L'arbre
de John Fowles
Editions des Deux Terres 2003 /  12.50 €- 81.88  ffr. / 104 pages
ISBN : 2-84893-002-0

Apologie du « chaos vert »

Au gr de ses souvenirs et de ses rflexions, John Fowles nous invite dans ce court essai une promenade enrichissante hors des sentiers battus. De sa petite enfance dans une banlieue londonienne, il se rappelle d’abord le jardin paternel, reflet d’un esprit cartsien, fru de philosophie. Les pommiers et les poiriers taills la perfection. La minutie, la discipline. La Nature rgule, ordonne. Quelques annes plus tard, pendant la Seconde Guerre mondiale, la famille part pour un lieu plus sr, un village du Devon, en pleine campagne. Rvlation. Le jeune garon se prend de passion pour la vraie Nature, sauvage et dsordonne.

Au fil des pages, John Fowles s’appuie sur la vieille opposition Nature/Culture et la dcline sa faon. En s'levant contre cette fcheuse tendance scientifique tout vouloir nommer et classifier, il en dnonce les dangers inhrents : l’analyse rend aveugle, touffe l’motion, bride l’intuition et rend impossible toute cration artistique. L’artiste ne peut se satisfaire de techniques apprises et reproduites. L’exprience de la cration comme celle de la Nature suppose un retour au chaos vert, fort profonde et refuge de l’inconscient. Echo du monde vert de Shakespeare qui dans Le Songe d’une Nuit d’t par exemple, fait du bois un lieu de folie et d’imagination dbride

John Fowles explique avec passion pourquoi les arbres et les bois [lui] paraissent la mtaphore la plus juste de l’criture romanesque et passe avec bonheur du vgtal la stylistique, de descriptions verdoyantes des rflexions sur l’art et sur son oeuvre.
Matre des jeux d’criture, figure incontournable de la littrature post-moderne anglaise, il a acquis une stature internationale ds la publication de ses premiers romans The Collector, 1963 (L’obsd), The Magus, 1966 (Le Mage) et The French Lieutenant’s Woman, 1969 (Sarah et le lieutenant franais) Il crit galement de la posie, et c’est le pote qui clt l’essai – par ailleurs superbement traduit.
Bien des annes aprs une premire visite, retour au bois de Wistman au milieu de la lande sauvage du sud de l’Angleterre. Emotion particulire. Parfum d’piphanie.
Des pages magnifiques, preuve que l’artiste russit parfois effleurer l’innomm.

Florence Cottin
( Mis en ligne le 07/04/2003 )
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