L'actualité du livre
Littératureet Récits  

Flâneuse
de Lauren Elkin
Hoëbeke 2019 /  23 €- 150.65  ffr. / 366 pages
ISBN : 978-2-84230-647-2
FORMAT : 14,0 cm × 22,5 cm

La rue palimpseste

. «Sous les villes qu’on ne connaît pas sont empilées toutes celles qu’on connaît». Entre essai et récit, Flâneuse raconte des femmes qui sont sorties dans les rues pour se réapproprier l’espace public. Pour ce faire, elles doivent reconquérir les rues de leurs villes, les sillonner, les apprendre, pouvoir s’y perdre sans peur. Originaire de New-York, Lauren Elkin s’est installée à Paris en 2004 et a obtenu la nationalité française. Cette doctorante en philosophie écrit aussi pour de nombreux medias. Amatrice d’excursions urbaines, elle a voyagé et marché dans de grandes villes, fascinée par des femmes écrivaines et artistes qui, au gré de leurs pérégrinations, ont trouvé la liberté et l’inspiration. A Londres, son modèle est Virgina Woolf, le quartier de Bloomsbury qui donnera son nom au mouvement littéraire des amis de Virginia ; Jean Rhys à Montparnasse, Sophie Calle à Venise où elle participe à une Biennale d’art, George Sand, habillée en homme pendant les trois glorieuses de 1830, à Paris, Martha Ghellorn pendant la guerre d’Espagne et enfin Agnès Varda dans la rue Daguerre à Paris, et dans toutes ses pérégrinations.

Mêlant recherche, éléments biographiques et autobiographiques, cet ouvrage polymorphe dresse le portrait de la flâneuse, figure à la fois réelle et symbolique. Lauren Elkin réfute l’idée de la psycho-géographie de Guy Debord, selon laquelle seuls les hommes sont capables de marcher, bien harnachés. Elle aborde un enjeu plus contemporain que jamais : la prise de possession de l’espace urbain par les femmes, au service de la rêverie citadine, un acte d’émancipation engagé, une expérience de vagabondage à la fois intime et envoûtante qui entraîne le lecteur. La ville joue un rôle dans la construction identitaire. Chacun peut apprécier les lieux sans s’y appesantir...

«Laissez-moi marcher. Laissez-moi aller à mon rythme. Laissez-moi sentir la vie qui me traverse et coule autour de moi. Donnez-moi du spectacle. Donnez-moi des coins de rues curvilignes inédits. Donnez-moi des églises déconcertantes, des devantures sublimes et des parcs où m’allonger(…). La ville est la vie».

Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 03/06/2019 )
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