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Les Plus beaux jardins du monde - Deux mille ans de création
de Jean-Paul Pigeat
Flammarion 2003 /  60 €- 393  ffr. / 223 pages
ISBN : 2-08-011191-4
FORMAT : 25x33 cm

Promenade dans un cadre somptueux

Directeur et créateur du Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire, Jean-Paul Pigeat est un véritable amoureux des jardins. S’il fait partager cette passion dans son travail (il est directeur d’études d’un DESS d’assistance à la maîtrise d’ouvrage en paysage et environnement), ainsi qu’au travers du festival, il y contribue également par ses livres, dont le dernier a pour objet Les plus beaux Jardins du Monde.

Comme toute classification répondant à des critères de goûts, la sélection des jardins de cet ouvrage est bien sûr toute subjective. Evidemment certains de ces jardins sont des incontournables qui ne souffrent pas la discussion (Versailles, Central Park, la villa d’Hadrien, l’Alhambra…), mais d’autres relèvent plus certainement d’un goût personnel (parc André Citroën), ou d’une volonté de mettre en avant des jardins peu connus (le jardin de Derek Jarman, celui de Roberto Burle-Marx). La question n’est pas d’établir ici un palmarès des jardins, mais plutôt d’offrir une vue d’ensemble de leur diversité, qu’elle soit de forme, de style ou de thème. Celle-ci est soulignée par le découpage du livre en chapitres consacrés chacun à un type de jardin: jardins du peuple, jardins d’apparat, jardins de dieux, jardins de connaissance… L’auteur dépasse ainsi la division classique des jardins en fonction de leurs formes (les fameux jardins à l’anglaise, à la française, à l’italienne, etc.) pour souligner ce qui a prévalu à leur conception, quel qu’en soit le résultat final. C’est ainsi que certains rapprochements paraissent au départ audacieux : par exemple entre le Jardin d’orage de Walter de Maria (représentant du Land Art) et les jardins du château de Versailles, tellement éloignés dans leur conception, mais relevant finalement bien de la même volonté de se rapprocher de Dieu.

Chaque chapitre prend effectivement comme point de départ deux jardins très différents (l’un contemporain, l’autre historique), mais tous deux représentatifs du thème en question. Cette double référence montre bien que l’auteur ne veut pas limiter la beauté d’un jardin à son ancienneté, ou à sa notoriété. C’est pratiquement à la réconciliation des classiques et des modernes du jardin que Jean-Paul Pigeat œuvre ici !
Ces deux premiers jardins, qui permettent de souligner la persistance de types d’hier à aujourd’hui, servent de point de départ pour le développement d’autres exemples, dans un jeu de correspondances particulièrement intéressant et bien mené. On apprécie également la volonté de ne pas céder à une vision trop européo-centrée, à laquelle le sujet pouvait pourtant facilement conduire. Au contraire, les différents jardins proviennent d’influences et d’horizons très divers, du Japon à l’Ile Maurice, en passant par le Canada ou le Maroc.

Au total, une centaine de jardins trouvent leur place dans l’ouvrage, certains bénéficiant d’une plus grande place que d’autres, parfois limités à une photographie et une légende. Voilà qui est un peu frustrant dans la mesure où la photographie est justement très belle, et où le sujet appelait sans doute à une représentation plus généreuse de chaque jardin.
Mais en définitive, l’ouvrage offre plutôt une vision des jardins les plus intéressants, des plus représentatifs de l’extraordinaire créativité de l’homme dans sa domestication de la nature, quelle que soit la visée qui en est à l’origine.

Raphaël Didry
( Mis en ligne le 08/03/2004 )
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