L'actualité du livre
Bande dessinéeet Historique  

Jour J (tome 28)
de Jean-Pierre Pécau , Fred Duval et Fafner
Delcourt - Neopolis 2017 /  15.50 €- 101.53  ffr. / 64 pages
ISBN : 9782756078373
FORMAT : 24x32 cm

César, encore

Depuis le tome 23 du Jour J, consacré à une version alternative de Spartacus, César s'est retiré de la vie publique romaine : aveugle, il reste ce tribun de la plèbe apprécié des Romains, et qui sauva Rome en lui sacrifiant le jour. Plongé dans une nuit perpétuelle, il n'en est pas moins subtil, puissant, voire féroce... et lorsque Rome est de nouveau menacée, par la puissante Egypte cette fois, c'est encore à César qu'on fait appel. Car les cartes ont bien changées : Marc Antoine, général vainqueur des Gaules, allié à la divine Cléopâtre, entend bien trouver à Rome la place qu'il pense lui être échue, c'est à dire celle d'un maître, d'un dictateur voire d'un empereur; et tandis qu'à Rome, le Sénat, tenu par Pompée, s'affole, on songe, en dernier recours, à César comme sauveur, et c'est Brutus, son cher fils adoptif, qui est chargé de la négociation. Mais comme un homme aveugle, et sans autres atouts que son nom, pourrait-il sauver Rome d'une invasion égyptienne ? Et surtout, qui sont exactement les dangers les plus menaçants pour la République ?

Ce n'est pas Dallas, c'est Rome, mais on y est presque : intrigues, manipulations, tromperies... l'Histoire authentique est gentiment détournée (avec un final en forme d'apothéose), avec talent et un sens manifeste de l'intrigue à plusieurs épaisseurs. Cléopâtre fait figure d'impératrice, charisme et caractère compris, Marc Antoine reste fidèle à son image de général porté par la victoire, plus courageux que politique : il reste, face à un César diminué, un disciple. Et puis Pompée, toujours abonné au rôle du mauvais, et surtout Brutus, machiavélique à l'extrême. Le charme de l'intrigue est de voir se télescoper tous ces personnages aux motivations et aux caractères bien trempés, avec, en arrière plan, Rome, "unique objet du ressentiment" de tant de monde, mais aussi lieu de toutes les ambitions; Fafner, très inspiré, donne à son trait un côté très sensuel qui s'inscrit dans une certaine ambiance, proche de la série Rome justement. Une belle variation, dans laquelle on note quelques erreurs historiques mineures : le risque des uchronies... mais le résultat vaut largement le détour pour tous les amateurs de thrillers en mode péplum.

Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 21/07/2017 )
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