L'actualité du livre
Bande dessinéeet Fantastique  

Vampyres (1 & 2)
de Alcante , Sylvain Ricard et Collectif
Dupuis 2009 /  16 €- 104.8  ffr. / 96 pages
FORMAT : 24x32 cm

Isbn : 978-2-8001-4098-8 et 978-2-8001-4099-5

Saignant

Le concept de création croisée est original : on part d’une série de 6 nouvelles par de bons auteurs, du genre (Pierre Pelot, Thierry Jonquet, Caryl Férey, Brigitte Aubert, Ann Scott, Colin Thibert)… 6 nouvelles plus ou moins inspirées dont le point de départ est un village de la côte bretonne appelé Sable noir… Un village ancien, dominé par une lande déprimante, vaguement maléfique et coincé contre un bord de mer austère… A partir de ce point de départ, chaque auteur imagine son histoire de vampire… Et là, ça tire dans tous les sens : le village maudit peuplé de vampires (un seul homme survit façon Je suis une légende), la famille de vampires qui subsiste comme fantômes et « passeurs », le vampire urbain aux allures de bourgeoise un peu fragile, la petite fille hantée… Un peu de tout pour une promenade au pays des canines. Mais ces 6 nouvelles continuent leurs trajectoires et atterrissent dans les mains des dessinateurs qui se chargent de les mettre en image. Cela donne les deux albums Vampyres avec, là aussi, du beau monde : Laumond, Matteo, Michel Durand, Redolfi et des scénaristes (Sylvain Ricard, Denis-Pierre Filippi, Alcante…) qui se sont appliqués à transformer une nouvelle en scénario de bande dessinée… Et tout cela en attendant la version télévisuelle…

Alors forcément, l’objet est tentant : il y a des histoires bien senties, intrigantes et poétiques, un peu sombres mais dans le ton. Mention particulière pour « De sang frais », « Les âmes meurtries » et « Le vrai du faux » : chacune, dans son genre, exploite le thème du vampirisme, avec humour ou romantisme, et dans une mise en scène subtile, graphiquement élégante, jouant sur les tons pâles et les blancs cadavériques ou au contraire joyeusement baroque et violemment colorée… du plaisir. Les graphismes sont variés, réalistes ou caricaturaux : le plaisir est également dans cette succession de styles et d’interprétations, autour d’un mythe majeur du fantastique… sans trop s’encombrer (si ce n’est pour en rire) des stéréotypes gothiques à la mode. De même pour « La maison sur la colline », dans un style plus hermétique et un graphisme plus perturbant, mais une histoire également réussie. Restent deux histoire plus attendues, ou plus banales, et graphiquement plus plates, sur le thème cette fois un peu stéréotypé du vampire séduisant (« Dans la peau ») ou en forme de piège (« Alizarine »)… Mais l’ensemble est un beau projet, qui donne un beau diptyque. En plus, chaque album comprend en annexe un story board et des photos de la série télévisée à venir… Un concept porteur et une variation à rééditer.

Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 19/10/2009 )
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