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Bande dessinéeet Fantastique  

Ralph Azham (tome 11) - L’engrenage
de Lewis Trondheim
Dupuis 2018 /  12 €- 78.6  ffr. / 48 pages
ISBN : 9782800174068
FORMAT : 30x21,8 cm

Si même les dieux

Avec ce onzième tome des aventures de Ralph Azham, on continue d’explorer les problématiques du pouvoir – le pouvoir magique dont le héros dispose, ainsi que le pouvoir politique qu’il a conquis de haute lutte. C’est un peu la version BD et fantasy de Mr Smith au Sénat : un type simple, placé dans une position politique, tente de régler les équilibres complexes du gouvernement avec son bon sens. Dans le cas de Ralph, surintendant d’Astolia, il y a bien quelques problèmes en cours : une révolte menée par Tilda Ponns, les prêtres qui râlent, sa copine Zania qui disparaît et la presse qui le critique durement. Et les méthodes de gouvernement de Ralph, après déjà dix tomes, commencent à être connues : aller voir ce qui se passe, tenter de discuter et sortir du conflit d’une manière ou d’une autre, en casant tout si nécessaire. En l’occurrence, le surintendant se trouve désormais coincé dans un conflit religieux entre des athées militants (Tilda Ponns et sa faction) et une Eglise conservatrice et pesante… Serait-ce l’heure d’une Séparation brutale des Eglises et de l’Etat ? D’autant que de nouveaux problèmes apparaissent, comme ce personnage dont on ne peut se rappeler le visage, ou encore une nouvelle soupirante un brin coriace…

Toujours aussi efficace que les tomes précédents, ce nouvel album prolonge les intrigues apparues et en fait émerger de nouvelles : c’est la question du bon gouvernement qui se pose ici, pour un héros qui, comme nous, peut parfois s’énerver, être inspiré ou injuste, en avoir marre ou bien se sentir concerné. Le scénario confine au jeu de rôle en posant simplement la question « et vous, que feriez vous en pareil cas ? ». Azham, loin d’être parfait, a des réactions très compréhensibles et surtout une personnalité désormais bien élaborée : c’est le fruit de toute la série et du pari de montrer, sur le long terme, l’histoire d’un héros qui accède au pouvoir suprême. Les amateurs de Machiavel apprécieront les méthodes d’Azham, comme la manière dont il se sort de certains pièges. Le tandem Trondheim, au scénario et pinceau, et Findakly, à la couleur, est toujours aussi inspiré et la série charme aussi par les ambiances mises en place. C’est ce côté fresque, désormais bien installé, qui séduit encore et toujours pour une série qui continue de renouveler le genre.

Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 07/06/2018 )
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