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Bande dessinéeet Fantastique  

Trolls de Troy (tome 11) - Trollympiades
de Scotch Arleston et Jean-Louis Mourier
Soleil 2008 /  12.90  €- 84.5  ffr. / 48 pages
ISBN : 2-30200-201-2
FORMAT : 23,4x32,3 cm

There will be baffes

Plutôt que de se résigner à regarder les jeux olympiques de Pékin, leurs cérémonies standardisées et leurs records douteux, autant se plonger dans des jeux, des vrais, sans EPO ni stéroïdes, juste du muscle, de la sueur et un poil de violence : les Trollympiades, ça c’est du sport ! Des épreuves originales (la bataille de poulet, le lancer de carottes – aucun commentaire sur la cible - , le lancer de villageois, le démembrage d’humain, le lancer de pétaures, le plongeon – sans eau -, la course de mouches…), une ambiance compétitive et musclée (ou alors “virile et poilue”, au choix), un village olympique confortable (à base de mastodontes éventrés), des trolls venus de partout… et même des fromages qui puent (et qui pètent)…

Tout commence, bien évidemment par une mauvaise idée, un plan encore bancal du grand sage d’Eckmül pour se débarrasser des trolls. L’idée géniale en question : sélectionner les meilleurs des trolls, via une compétition, pour en faire une race nouvelle et soumise… Mais au 11e tome de la série, on commence à se douter que le plan, aussi intelligemment conçu soit-il, va tourner court. Dont acte : après quelques scènes d’une violence tout à fait gratuite (les “épreuves sportives” qu’ils disent), et de nombreux massacres de bestioles diverses (dont les villageois locaux), le lecteur – supporter aguerri des trolls de Troy – retrouve la saine ambiance des albums précédents, toujours conclus par un grand massacre de ces chétifs humains. On ne change pas une équipe qui gagne !

S’il y a un parallèle à faire avec d’autres Olympiades, c’est plutôt vers Astérix qu’on loucherait : même propension à la baffe, même goût pour les situations anarchiques et les gags « hénaurmes », même cadre (entre la tribu des Trolls et celle des Gaulois, il y a des similitudes jusque dans la page de présentation des personnages)… Bref, une vieille recette toujours efficace avec, à la place du tandem Goscinny-Uderzo, celui d’Arleston-Mourier, qui renouvelle agréablement le genre pour les générations actuelles. Le graphisme, « au poil » (c’est le cas de le dire) est toujours de la même qualité et, comme d’habitude, il faut chercher le petit détail qui tue dans quasiment chaque vignette. Après un épisode, en deux tomes, tourné vers l’aventure et très réussi, ce one-shot est un intermède détente, plutôt porté sur le gag, l’occasion de croiser les trolls du monde entier (et, on l’espère, de préparer de nouveaux voyages à Teträm, Waha et consorts). Une cuvée 2008 encore bien délirante, et toujours à suivre.

Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 08/09/2008 )
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