L'actualité du livre
Bande dessinéeet Policier - Thriller  

Jour J (tome 5) - Qui a tué le président ?

de Jean-Pierre Pécau , Fred Duval et Colin Wilson
Delcourt - Neopolis / Série B 2011 /  13.95 €- 91.37  ffr. / 56 pages
ISBN : 978-2-7560-1867-6
FORMAT : 24x32 cm

Dallas, 1973…

Dabord, il y a French, ancien Hells Angel, engag plus ou moins volontaire dans les Marines, au Vietnam, survivant professionnel sans trop dtat dme, mi chemin du royaume des vivants et de la terre des morts Et puis il y a lAmrique, le prsident, llection prsidentielle qui sannonce sur fond de crise. French nest pas Oswald, mais il va pourtant, manipul par un puissant lobby, tirer sur le prsident en visite officielle au Texas. On le suit, depuis le Vietnam et jusqu ce jour terrible o, arm dun fusil lunette, il abat le prsident amricain. Et, comme tant dautres, on essaie de pntrer dans les arcanes du complot, qui croise un lobby, des hommes de pouvoir, Cuba afin de comprendre qui en veut au prsident, et pourquoi lavenir du monde se joue l Et surtout qui est ce prsident ?

La srie Jour J explore, toujours avec un art certain, lhistoire sur le mode uchronique : avec lassassinat de Dallas en 1973, cest au mythe Kennedy que Pcau et Duval sattaquent. Sans dvoiler le cur de lintrigue, on peut dire que lattaque fait mouche, et que les rvlations, peu peu, tracent le portrait dun autre prsident, tout aussi connu, historiquement probable, mais inattendu ce moment. Dans une Amrique qui se rapproche plus de celle de lcrivain Philip K. Dick (notamment Radio libre Albemuth) que de celle de Forrest Gump, lattentat de Dallas prend un sens trs nouveau, original et mme librateur. Une fable ironique sur le terrorisme et la violence politique, sur les complots dans une Amrique de plus en plus dystopique. Et cela dans une mise en image trs russie : Colin Wilson (Judge Dredd, La Jeunesse de Blueberry), inspir par lAmrique seventies, a su donner lalbum une tonalit particulire, entre comics, thriller et surnaturel. Du Mkong au dsert texan, la trajectoire trange de French, ses rencontres spectrales font penser une version en bande dessine dun bon James Ellroy avec, en arrire-plan, discrtement suggre, une Amrique qui drape. Wilson joue des cadrages, des contrastes, pour suggrer non la ralit, mais le monde impressionniste dans lequel se meuvent French et les autres comploteurs. Quelques allusions choisies au cinma, notamment au Dr. Folamour, ou la photographie, parsment un album qui se laisse lire, puis relire, comme un clin dil la culture de ce temps. Une vraie ppite, finement scnarise et dessine.

Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 01/03/2011 )
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