L'actualité du livre
Bande dessinéeet Humour  

Walter Appleduck (tome 1) - Cow-boy stagiaire
de Fabcaro et Fabrice Erre
Dupuis 2019 /  12.50 €- 81.88  ffr. / 64 pages
ISBN : 979-10-347-3685-0
FORMAT : 21,8x30 cm

Blood’n’Guts’n’Fun

À gauche, Fabcaro, maître du strip humoristique, du détournement et de la rigolade. Il est aussi auteur prolixe et le temps que vous lisiez ces lignes Fabcaro aura sans doute écrit et dessiné une planche entière et trouvé quatre gags à se plier.
À droite, Fabrice Erre, héritier parfait de Jacovitti. Capable d'insuffler de l’humour jusque dans le dessin du petit doigt d'une main, et qui a ce don inouï de rendre l’air débile au moindre de ses personnages. Une case de Fabrice Erre, même sans les textes, c’est déjà un concentré de drôlerie.

Les deux artistes ont déjà travaillé ensemble pour deux séries géniales Z comme Don Diego, parodie de Zorro, et Mars !, épopée spatiale (ou presque) qui à défaut de nous emmener sur la planète rouge, nous emportait aux confins de l'humour bête et crétin en compagnie de personnages tous plus abrutis les uns que les autres. Bref, des lectures saines et indispensables. Changement de genre avec ce premier tome de Walter Appleduck, puisque c’est cette fois l’univers du western qui est arpenté. Et forcément tout est déjà là, il n’y a plus qu’à se servir : le pied-tendre, les indiens, les duels, le shérif, l’attaque de la banque… Comme dans leurs précédents albums, les gags sont en deux strips de 6 cases, le tout formant une histoire sur la durée. C’est l’épopée de Walter Appleduck, étudiant en master cow-boy qui vient donc faire son stage sur le terrain, dans cette charmante petite bourgade de l’Ouest qu’est Dirty Town.
On s’en doute, le stage ne va pas être de tout repos. Entre un shérif peu investi, des Indiens qui ne parlent que l’indien, un nouveau maire au pouvoir et ce satané Rascal Joe qui n’en fait qu’à sa mauvaise tête.

C’est une suite de gags délirants qui font la part belle à l’absurde, aux répliques punchy et aux situations farfelues. Car si on y parle d’indiens et de cow-boys, on traite aussi du langage SMS, de la presse people et de la précarité du métier de dessinateur. Les gags de Fabcaro font toujours mouche, et dans cet univers où tous les clichés du western sont alignés, on cite la SNCF, Romain Duris ou Pascal Obispo sans que cela ne gêne personne. Et puis il y a cette pureté du trait de Fabrice Erre qui nous emballe toujours autant : ces trognes, ces postures, ces mains !, et ce trait toujours sûr. Le tout emballé dans des petites cases au découpage parfait : derrière cette apparente simplicité du gros trait, il y a du génie visuel, du grand art.

On dévore ce premier tome, on rit et on se dit que décidément c’est trop bon, et qu’il nous faudra encore du Walter Appleduck à l’avenir.

Alexis Laballery
( Mis en ligne le 10/02/2019 )
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